Catégorie : LE PAYS

Belvédères, points de vue et tables d’orientation

Belvédères, points de vue et tables d’orientation

Admirer le paysage : voilà une occupation reposante, gratuite et agréable s’il en est.

Pour pratiquer cette activité récréative, le plus simple consiste peut être à le découvrir depuis un point haut; et c’est d’ailleurs là que sont implantés les points de vue et belvédères qui parsèment le territoire.

Ces petits édifices permettent de découvrir un peu tous les horizons de la Corrèze et parfois même d’apercevoir ce qui se passe chez nos voisins, gens du Puy de Dôme ou du Cantal

ils sont, assez logiquement, nombreux sur la montagne Corrézienne, suivent de près le tracé de la Dordogne ce qui permet d’admirer les lacs de retenue des barrages hydroélectriques de Bort, Marèges, l’Aigle et le Chastang. De façon plus inattendue, ils sont assez nombreux sur la Basse-Corrèze, tous situés sur les crêtes qui vont de Donzenac à Juillac et qui surplombent (légèrement) le bassin de Brive.

Ils constituent pour la plupart un point d’étape ou un terminus de promenade et sont un moyen de découvrir le pays que cette position surélevée permet d’apprécier, un peu comme si on le survolait en avion ou Ulm, sans pour autant prendre le moindre risque et sans consommer une goutte de pétrole !

Le site tourismecorreze.com en recense une quarantaine :

https://www.tourismecorreze.com/fr/tourisme/points_de_vue_amenages_et_tables_d_orientation-carte.html

En voici quelques-uns que j’ai visités au hasard de promenades :

Ayen

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux

Une des tables les plus basses en altitude (377 m) avec celle de Juillac, mais aussi l’une des plus accessibles.

Le texte qui figure sur la table précise qu« elle est érigée à l’emplacement d’un château féodal occupé par les soldats du vicomte de Limoges ; il fut le siège de nombreux combats au cours de la guerre de 100 ans, puis il fut rasé par ordre royal. C’était une des citadelles qui avec le château d’Yssandon surveillait la région et la protégeait des invasions« 

Chaumeil table d’orientation du Suc au May

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux

Le Touring Club de France a participé au financement de cette table qui a été inaugurée en 1935 en la présence de M. Henri de Jouvenel.  C’est apparemment la plus ancienne du département.

Voici le compte-rendu qu’en fit un journal (Revue du Centre Ouest économique et touristique, parue en sept-oct 1935) :

 

Le dimanche 25 août [1935 donc], eu lieu, sous la présidence de M. de Jouvenel, ambassadeur, ancien ministre, l’inauguration de la table d’orientation des Monédières. Cette table, placée au Suquet du May, à 911 mètres d’altitude, est la 132ème placée en France et dans l’Afrique du Nord. Elle n’est pas sur le point culminant des Monédières, mais de cet endroit la vue est magnifique et aussi belle qu’on puisse le demander : elle s’étend sur toute la Corrèze et les six départements qui l’entourent, sans qu’aucune levée de terrain ne masque les environs. Panorama superbe par temps clair et qui récompense largement le touriste d’une ascension facile.

La cérémonie s’est déroulée par beau temps, pas très clair cependant, les brumes violettes de l’horizon dissimulent au grand regret des nombreux assistants, des monts du Cantal et les autres points lointains.

Pendant la cérémonie, un avion de l’aéro-club du Limousin a survolé les Monédières et a laissé tomber une gerbe de fleurs devant la table d’orientation. Le geste émouvant a été salué par les applaudissements des assistants.

La table est placée sur un socle hexagonal en pierre de Volvic. La gravure est sur lave émaillée, elle est due à l’art consommé de M. Seurat, directeur de la fabrique de lave émaillée d’Auvergne. Elle représente la carte de la région et le panorama, dressé par M. Billard, professeur à Tulle. Elle est placée sur un point géodésique de premier ordre du service géographique de l’armée déterminé en 1839, qui se trouve sur la ligne droite de Perpignan à Dunkerque. Trois plaques émaillées fixées sur le pourtour indiquent le nom des souscripteurs, le point exact où elle est et la date de l’inauguration. Elle est d’un accès facile, les voitures de tourisme peuvent facilement u arriver.

À midi, un banquet de 150 couverts était servi à l’hôtel Picard, à Saint-Augustin. À la table d’honneur on remarquait Mme et M. de Jouvenel, M. le Préfet de la Corrèze, M. le docteur Lafage, conseiller général de la Corrèze …

au dessert des discours ont été prononcés …

Puis successivement, la « Lyre Corrézienne«  et « l’École de Ventadour«  se sont fait applaudir.

En fin à 21 heures, un magnifique feu d’artifice fut tiré.

Extrait d’un discours (de M. Gabiat, à l’époque ancien député de la Haute-Vienne) *:

« … je ne pouvais rester insensible à l’attractif appel de l’Éricïnéenne** région des Monédières, nous invitant à voir ses monts, en pleine splendeur estivale, et déjà somptueusement parés de leur très symbolique fleur de Bruyère …

et aussi cet autre appel de l’Airelle-Myrtille, aux baies finement acides et rafraîchissantes, qui à l’instar Virgilien des vignes du Mont-Ida, parfois se dissimulent, en cette auguste brousse, plus souvent s’y épanouissent copieusement, sous le direct et avide regard des gourmets …« 

* au vu de la teneur du discours, on peut effectivement penser qu’il fut prononcé après le repas !

** famille botanique qui comprend la bruyère, le rhododendron, l’azalée, etc

Couffy sur Sarsonne, Puy du Vareyron

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux. La vue sur le massif du Sancy et le Puy de Dôme vaut le détour !

Juillac, table d’orientation du Chatenet

Jolie table émaillée de forme carrée aux coins rognés; de ce point de vue, on distingue vers l’Est, la faille ardoisière qui marque la limite entre le bassin de Brive et le plateau corrézien et, au loin, les sommets des Monédières. Vers le Sud, on découvre le bassin de Brive entouré par quelques reliefs qui émergent tels qu’Ayen ou Yssandon,

Liginiac, belvédère du barrage de Marèges 

Conçu par l’Ingénieur André Coyne (grand spécialiste de ces ouvrages), le barrage de Marèges construit au début des années 1930 est un des plus grands d’Europe, sinon le plus grand : 90 m de hauteur, 187 m de développement ; les fondations profondes de 50 mètres (!) font que sa hauteur réelle est de 140 m, donc plus haut que la pyramide de Chéops (mais moins visité sans doute). À l’époque quatre groupes turbo-alternateurs de 37,5 MW fabriquent l’électricité. Une électricité destinée avant tout à la compagnie ferroviaire Paris-Orléans (compagnie qui fusionnera avec d’autres en 1938 au sein de la SNCF) qui en est le commanditaire et qui servira à électrifier le tronçon entre Vierzon et Brive. L’économie en charbon est considérable et la vitesse et la fiabilité des trains s’en trouvent aussi bien améliorés.

Le barrage est inauguré le 5 octobre 1935 par le ministre des travaux publics, M. Laurent Eynac, en présence du président de la compagnie P-O, de M. Queuille et autres personnalités, mais en l’absence notable de M. de Jouvenel, décédé la veille et auquel le ministre rendra hommage dans son discours; un discours qui évoque le compétition industrielle avec les pays voisins, dont l’Allemagne : « Marèges, barrage voûté, est actuellement le plus grand d’Europe, constatation qui n’est pas vaine à une époque où la force du sentiment national chez les peuples les oppose même dans le domaine technique en une compétition pacifique à la fois et passionnée, qui est souvent profitable.« 

Le barrage est en effet original dans sa conception puisque conçu comme une voûte qui transmet la poussée de la masse d’eau retenue sur les deux versants rocheux des rives.

Le compte-rendu journalistique exprime quand même un certain doute quant à l’impact environnemental de cet ouvrage puisqu’il écrit : « Un jour, hélas ! L’homme par son génie ou par sa malfaisance, mais en tous cas pour les besoins de sa civilisation, décida d’asservir et de façonner le travail de la nature« 

Extraits tirés de la Revue du Centre Ouest économique et touristique, parue en sept-oct 1935

Liginiac, le puy de Manzagol

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux, financée par le TCF.

Comme à Chaumeil et Couffy, la pierre de lave provient des usines Seurat à St Martin près Riom

La végétation s’est fortement développée autour du site et tout un secteur est à l’heure actuelle devenu inaccessible au regard.

Meymac, tour panoramique du Mont Bessou

Légèrement en contrebas des antennes géantes de radiodiffusion [ 200 m de hauteur ! ], la tour panoramique du mont Bessou, haute de 24 m permet d’atteindre l’altitude symbolique des 1000 mètres (Ceci reste très théorique, car le site d’implantation n’est pas exactement sur le point le plus haut…)

Monestier Port Dieu, site de la Vie

Une vue magnifique sur la retenue du barrage de Bort-les-Orgues qui s’étend sur une dizaine de kilomètres et dont la largeur peut atteindre jusqu’à 1 km. On distingue le château de Val (avec des jumelles c’est mieux), haut lieu du tourisme.

Le barrage de Bort est l’un des plus imposants parmi ceux de la Dordogne : 125 m de hauteur, près de 400 m de longueur de crête, une puissance installée de 240 MW. Il est en fonction depuis 1952.

Roche le Peyroux, belvédère de Gregeolles

Une vue un peu vertigineuse sur la confluence Diège-Dordogne. Ce belvédère est situé juste en face du site de St Nazaire, un peu en amont du barrage de Marèges.

St Exupéry les Roches

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux ; comme à Chaumeil, Couffy et Liginiac, la pierre de lave provient des ateliers Seurat à St Martin-près-Riom (63).

La présence de la végétation, est bien rendue sur le dessin de la table.

Saint Martin la Méanne, barrage du Chastang

Un belvédère d’où l’on peut admirer le barrage du Chastang, vu de face.

Le potentiel hydro-électrique de la Dordogne est exploité à plein puisqu’on dénombre trois barrages en amont (Bort, Marèges, l’Aigle) et un en aval, le Sablier. Les affluents ne sont pas oubliés puisqu’on voir quelques barrages de taille plus modeste à Neuvic et Marcillac la Croisille par exemple.

 

Saint Setiers, Mont Audouze

Au beau milieu du plateau de Millevaches, cet endroit est particulier puisque selon que le regard porte d’un côté ou de l’autre, on découvre le bassin de la Dordogne, ou bien celui de la Loire ou plus précisément une partie du bassin de la Vienne qui prend sa source en ces lieux : on est sur la ligne de partage des eaux entre ces deux bassins.

Deux points de vue sont d’ailleurs aménagés, l’un dirigé vers le Sud-Est et la chaîne des puys, les Monts du Cantal et le bassin versant de la Dordogne; le panneau d’information précise la localisation des sources de la Diège, du Chavanon, de la Sarsonne, de la Dordogne, de la Triouzoune et de la Luzège.

À peu de distance, le second point de vue nous fait découvrir le bassin versant de la Vienne. Le lieu est joliment aménagé et permet de profiter agréablement de la vue. Et si l’on ne distingue pas les sources, cachées quelque part dans la végétation, des panneaux d’information permettent de comprendre l’hydrogéologie de ce bassin. Une grande fresque sur émail, décrit la géologie sur toute la longueur du parcours entre St Setiers et la confluence Vienne-Loire du côté de Chinon 370 km en aval.

La Vézère, autre rivière importante, prend sa source un peu plus au sud.

https://www.lamontagne.fr/ussel-19200/loisirs/changement-de-cap-cette-semaine-direction-saint-setiers-sur-le-plateau-de-millevaches_12034742/

 

Sarran, table d’orientation du puy de Sarran

Selon le panneau d’information, le site est à l’origine un calvaire, datant de 1883; les croix en bois ont été remplacées en 1939 par des croix en béton qui en font toute l’originalité. Un panneau d’orientation de forme trapézoïdale permet de d’identifier les différents éléments du paysage.

 

Voies romaines de Corrèze

Voies romaines de Corrèze

Après les campagnes de César, la Gaule connaît une période prolongée de paix – et de prospérité par voie de conséquence – entre le 1er et le 3ème siècle après JC.

Tout le pays va être progressivement romanisé mais cette romanisation est autant acceptée que subie. Le territoire va être mis en valeur, des routes sont construites ainsi que de nombreux temples, théâtres ou thermes; l’urbanisation se développe selon le modèle des villes romaines. Dans les campagnes, des cultures nouvelles comme la vigne sont implantées et les mœurs ainsi que la langue romaine prennent le pas sur les us et coutumes gauloises. Et l’armée romaine garantit alors la paix sur tout le pays en s’opposant aux invasions barbares : c’est la pax romana.

De cette période (ou de ces périodes si l’on s’intéresse aux décennies qui ont précédé l’invasion par les armées romaines), subsistent des nombreux vestiges :

– routes : ce sont les « voies romaines »

– des sites funéraires

– des ruines de villas ou de temples

– des monuments

On retrouve nombre de vestiges de cette époque sur le département de la Corrèze qui faisait alors partie d’un territoire plus vaste, celui des Lemovices, correspondant sensiblement à l’ancienne région Limousin.

Les voies romaines :

La Gaule romaine est maillée de réseaux de routes (via) principales qu’on pourrait comparer toutes proportions gardées à notre réseau autoroutier et dont le point d’articulation est la ville de Lyon (Lugdunum). Une branche de ce réseau traverse l’Auvergne-Limousin : la via Agrippa II qui passe à Limoges et aboutit sur l’Atlantique à Saintes.

Le réseau secondaire est quant à lui beaucoup plus dense et une voie d’importance traverse la Corrèze, en provenance de Clermont Ferrand (Nemessos) et se dirigeant vers Périgueux, c’est la voie d’Hadrien. Cette voie qui date de la deuxième partie du 1er siècle (la datation s’appuie sur des monnaies retrouvées sur les lieux) a laissé des traces au voisinage d’Eygurande, à Aix.

On distingue deux types de voies :

– celles qui sont dites « en chaussée » c’est à dire construites en remblai (latin : agger) sur les plateaux ou les coteaux à faible pente et le tracé chemine alors par monts et par vaux. La toponymie en garde la trace sous la dénomination chaussade; des lieux-dits ainsi dénommés sont assez fréquents en Corrèze – Eygurande, St Yrieix le Déjalat, Combressol, Naves, St Augustin, etc – sans pour autant qu’ils soient forcément situés sur ou au voisinage d’une ancienne voie romaine …

– sur les reliefs plus soutenus, elles peuvent aussi suivre un itinéraire de crête ou une ligne de partage des eaux: elles sont alors plus ou moins décaissées, on parle de construction « en cavée » (on dirait aujourd’hui : en déblai). On les trouvera plutôt associées au toponyme pouges (du latin podium, hauteur) ou estrade, dérivé du mot strata. Ce dernier terme nous renseigne d’ailleurs sur la constitution de la voie, succession de strates de matériaux choisis pour en assurer la stabilité ainsi que le drainage (voir la coupe plus bas)

La voie visible sur la commune d’Aix appartient à cette seconde catégorie : la plate-forme est large de 7 m, avec une surface roulante proche de 6 m; elle est bordée de fossés dont la profondeur peut aller jusqu’à 0,80 m.

Cette portion de voie est en excellent état de conservation et peut être le point de départ d’une randonnée agréable. Elle est accessible à partir du bourg d’Aix, en se dirigeant vers le hameau de La Jarrige.

 

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Mais contrairement à ce que laisse entendre le panneau d’information placé à une des entrées, la voie est constituée en surface non pas de dalles, ce qui doit être sans doute le mode de construction des voies les plus importantes, mais de petits galets dont la taille courante est de l’ordre de 5 cm comme le montre la photo ci-dessous :

Cette voie visible en d’autres endroits traverse la Corrèze en passant au voisinage d’Egletons (on trouve des traces à Combressol, Rosiers d’Egletons), au nord de Tulle (à Naves, lieu-dit Tintignac) et se dirige vers le département de la Dordogne, en direction de Périgueux (Vesunna). D’autres voies ont été répertoriées sur le territoire, par exemple à Saint-Setiers où une portion du GR 440 emprunte un vestige de voie romaine : voir extrait de plan ci-dessous.

  L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Peyrelevade2232E_2001_VoieR.jpg.  

Selon JM Desbordes, un tronçon d’un axe reliant la Méditerranée à, l’Armorique, antérieur à l’occupation romaine, part d’Argentat en direction de la Vézère via Tintignac et Espartignac; une autre voie aurait aussi relié Bort les Orgues à Bugeat …

Ouvrages ou sites consultés :

– Voies romaines en Limousin JM Desbordes 1995 – La vie quotidienne en Gaule pendant la paix romaine, Paul-Marie Duval, Hachette 1952 – le pays d’Eygurande Simon Louradour 2005

les Sully et autres arbres remarquables

les Sully et autres arbres remarquables

La forêt et les bois ont joué un grand rôle dans l’histoire et l’homme entretient depuis toujours une relation bien particulière avec l’arbre; celui-ci exprime toute la force du monde végétal et a tenu une place importante, économique et symbolique, dans les sociétés humaines :

– il constitue un moyen de chauffage très facile à trouver et à enflammer et entre(entrait) dans la fabrication de meubles (encore aujourd’hui pour les cercueils …) et la construction navale jusqu’à l’avènement des aciers

– c’est sous un chêne que Louis XI rendait la justice,

– c’est aussi sous un arbre à palabres que se tiennent les réunions dans certaines communautés africaines

– les druides (c’est attesté dans Astérix chez les Goths) cueillaient le gui sacré sur les chênes

– Il symbolise la vie de la famille au travers de l’arbre généalogique

On retrouve ce lien au travers de nombreux toponymes ou patronymes, dérivés de noms gaulois ou latins désignant diverses espèces :

fraxinus le frêne → Fraisne, Le Fresne, Frenay, Fraisse ou Fraysse, Freche, Freyssinet

sylva : la forêt →sylvestre, sylviculture, prénom Sylvain

limo, l’orme en gaulois, à l’origine de l’appellation lemovices (peuples du Limousin)

casteneum le châtaignier → Chastang, Chastaing, Castan, Castain

vernos l’aulne en gaulois → verne, vergne, lavergne

Son rôle écologique est maintenant avéré : l’arbre constitue un acteur majeur dans le cycle du carbone

La forêt est omniprésente en Corrèze et le moindre déplacement sur route ou par le rail nous le confirme : difficile de trouver des lieux d’où l’arbre est absent.

Si en France environ 30 % du territoire est boisé, ce taux atteint les 45 % chez nous delon un inventaire de l’IGN 2009-2013.

La cartographie montre que la densité forestière est à son maximum sur le plateau de Millevaches et tout le long de la vallée de la Dordogne.

Les essences les plus répandues sont le chêne (pédonculé quercus robur et rouvre ou sessile quercus petraea), le châtaignier et le pin douglas; arrivent ensuite le hêtre, l’épicéa et le bouleau; les feuillus sont assez nettement majoritaires même si ce n’est pas forcément l’impression première que l’on peut avoir en parcourant le territoire.

Avec autant de variétés, tous les goûts sylvicoles peuvent donc être satisfaits et chercher un coin d’ombre par une journée caniculaire est une quête qui peut être facilement satisfaite.

L’arbre fait partie du paysage et le structure; on le trouve aussi en dehors des forêts, le long des routes où il jouait un rôle protecteur pour le voyageur qu’il abritait tant du soleil que des précipitations, ainsi qu’au milieu des villages où apporte sa fraîcheur et contribue à aménager l’espace. Dans ces deux cas, il constitue un élément important du patrimoine historique et culturel français.

Historiquement, après les périodes de défrichage du moyen âge, les souverains prirent conscience de l’importance économique du bois et entreprirent de reboiser le territoire. Ainsi en 1552, Henri II ordonna « à tous les seigneurs hauts justiciers et tous manants et habitants des villes, villages et paroisses, de planter et de faire planter le long des voiries et des grands chemins publics, en lieux qu’ils verront plus commodes et à propos, si bonne et grande quantité d’ormes qu’avec le temps, notre royaume puisse s’en voir suffisamment et abondamment pourvu« 1. Cette volonté politique fut poursuivie et amplifiée sous les règnes qui suivirent, en particulier celui d’Henri IV et de son ministre Sully. Ce dernier aurait donné une impulsion nouvelle à ce projet en ordonnant en 1598 la plantation d’arbres le long des « grandes routes de France, et dans chaque village au devant les églises« , sur les places publiques, arbres dont beaucoup, plantés à cette époque, furent désignés sous le nom de Sully (ou Rosny)2,3 ; ils constituaient un point de ralliement où se rassemblaient les paroissiens à la sortie de la messe.

On retrouve trace de ces plantations vieilles de 400 ans, chênes, ormes ou tilleuls, dans plusieurs villages de Corrèze. Pour ceux qui subsistent, leur grand âge fait que l’on a affaire à des arbres majestueux et dont les dimensions (et notamment leur circonférence) sont hors-normes. Ils sont pour la plupart situés sur le plateau de Millevaches et les Monédières et assez souvent signalés à l’attention des curieux.

Voici un échantillon de ces Sully et de quelques autres arbres remarquables que l’on peut découvrir en sillonnant les campagnes corréziennes (et qu’on ne trouve pas ailleurs bien sûr). Si vous devez n’en voir qu’un, je vous recommande de vous arrêter sur l’aire des Sully à Monestier-Merlines.

Le panneau précise la circonférence : 5.80 m

Le chêne de l’Anglais à Sarroux – St Julien Près Bort

À Tarnac, sur la place (hélas envahie par les voitures) trônent deux chênes magnifiques :

La Montagne leur a consacré un article en 2014 :

https://www.lamontagne.fr/tarnac/vie-pratique-consommation/2014/12/27/deux-chenes-charges-dannees-et-dhistoire-ornent-les-espaces-publics-de-tarnac_11273854.html

 

Sur la commune de Le Jardin, un chêne de Sully qui a donné lieu à un découpage cadastral très original :

On peut en découvrir bien d’autres en parcourant le territoire : à Bellechassagne (au vu du nom, c’est un peu normal), Chamboulive, Chaveroche, Courteix, Maussac, St Hilaire Luc, St Rémy, Vigeois, Vitrac sur Montane, etc

Certains n’ont pas survécu à l’usure du temps (ou à l’homme) : c’est le cas par exemple à Bugeat, Juillac, Objat, Troche …

Et puis, il nous reste de magnifiques hêtres à admirer en bordure de routes, du côté de Bugeat : c’est « la route des Hêtres » :

1 Dissertations féodales t1 Henrion de Pansey1789

2 Mémoires d’Agriculture, d’économie rurale et domestique de la Société Royale d’Agriculture de Paris 1791 ; Les vieux arbres de Normandie 1895

3 Sully était baron de Rosny

La Corrèze au travers des timbres – 4

La Corrèze au travers des timbres – 4

Timbres divers :

 

 

 

Colette, corrézienne d’adoption, après sa rencontre avec Henri de Jouvenel

4 fois médaillé olympique : trois médailles d’argent à Londres en 1948 sur 10000 m, à Helsinki en 1952 sur 5000 et 10000,  à chaque fois derrière l’inaccessible tchèque Emil Zatopek et vainqueur du marathon à Melbourne en 1956. Attaché à la Corrèze par son mariage, il va œuvrer pour la création et le développement du centre national d’entrainement de Bugeat qui porte son nom

 

Jeanne Antoinette Poisson : elle reçoit à 24 ans le domaine de Pompadour que lui offre le roi Louis XV. Elle créera un haras privé qui sera à l’origine du haras royal, plus tard haras national.

 

Dessin de Pierre Forget

 

 

La Corrèze au travers des timbres – 3 –

La Corrèze au travers des timbres – 3 –

Guerre, résistance :

Au centre, le barrage de l’Aigle dans sa vallée, avec des maquisards à droite ; à gauche, un largage de conteneurs évoque l’une des opérations majeures du maquis. Et au-dessus du titre, un aigle inspiré d’un logo retrouvé dans les archives du maquis.

Ce timbre rappellera à jamais l’histoire des maquis du barrage de l’Aigle. Leurs actions seront de deux ordres. En premier, travailler à retarder la construction du barrage sur la Dordogne, lancée en novembre 1940. Au lieu de 1942 comme prévu initialement, l’infrastructure sera achevée en 1945, mais sans avoir jamais livré le moindre kilowattheure d’électricité à l’occupant allemand.

En second lieu, il s’agit de mettre sur pied une organisation de résistance, l’ORA, dont la première mission est de récupérer et stocker clandestinement du matériel dévolu à la construction du barrage. La seconde sera d’organiser des parachutages d’armes et d’explosifs : trois auront lieu en 1943, le plus important le 14 juillet 1944. Au plus fort, le Bataillon Didier, constitué avec les maquis locaux, comptera un millier d’hommes. « Nous voulons continuer à porter haut les valeurs qui les animaient et honorer leur mémoire, explique l’Amicale des Compagnons de l’aigle sur Dordogne. L’édition d’un timbre, par le symbole du premier jour, par le côté vivant et intemporel de l’objet nous a paru un moyen approprié ».

d’après un article paru sur La Montagne, le 22.08.2016

Le 7 juin 1944, les francs-tireurs partisans (FTP) attaquent la garnison allemande de Tulle faisant de nombreux tués de part et d’autre. Le 9 juin 1944, 3 jours après le débarquement, la 2ème division blindée SS Das Reich quadrille la ville et arrête tous les hommes valides de 16 à 60 ans, sous prétexte de contrôle de papier.
Ces hommes parqués dans l’enceinte de la manufacture d’armes vont faire l’objet d’une sélection préliminaire.
99 Tullistes vont être suppliciés, pendus aux balcons et aux réverbères. Sur les otages restants, 149 d’entre eux sont envoyés en déportation, 101 y perdront la vie.
Sur le timbre, les Martyrs sont symbolisés en 3 rangées, en arrière-plan figure la manufacture d’armes où ils ont été parqués par les Allemands. Tous les ans, le 9 juin, un hommage est rendu aux Martyrs de Tulle.
Le lendemain, un autre détachement de la même division SS entre dans la cité d‘Oradour-sur-Glane pour y commettre une odieuse tuerie.

documentation : La Montagne et Conseil départemental

Né à Neuvic en 1884, député à l’âge de 30 ans, ministre de l’Agriculture à plusieurs reprises mais aussi de la Santé ou encore des Travaux Publics dans l‘entre deux guerres, rallié au général de Gaulle pendant la guerre, il sera président ou vice-président du conseil à 8 reprises entre 1948 et 1954. On lui reconnaît le mérite d’avoir mené à bien le processus déjà amorcé de la création de la SNCF ; il aurait aussi été à l’origine de la caisse nationale de crédit agricole, ancêtre du crédit Agricole

Edmond Michelet, résistant, ministre du Général de Gaulle et aussi père de Claude Michelet

  André Malraux réfugié un temps à St Chamant, entre dans la clandestinité sous le nom de « colonel Berger »

Suite : la-Correze-au-travers-des-timbres, page 4

La Corrèze au travers des timbres -2-

La Corrèze au travers des timbres -2-

La Corrèze au travers des timbres (suite) : lieux touristiques

 

Coco Chanel y aurait séjourné pendant son adolescence …

Dessin de Pierre Forget, dont on reconnaît le style baroque caractéristique

De gauche à droite: la maison de la sirène, l’église Saint-Pierre et la maison de Ramade de Friac.

 

 

Situé sur le territoire de la commune de Lanobre (Cantal), il est la propriété de la ville de Bort les Orgues

Classée aux Monuments historiques, cette église du XI e et XV e siècles est unique en France, voire en Europe, du fait de son toit en chaume : il existe seulement une chapelle en Bretagne avec du chaume

 

 

La suite est là ->

 

La Corrèze au travers des timbres -1-

La Corrèze au travers des timbres -1-

Les villes de la Corrèze en timbres :

 

 

Argentat, port sur la Dordogne

 

supplément philatélique provenant du site d’Eve Luquet

 

La foire du livre sous la halle Georges Brassens, l’hôtel Labenche qui abrite le musée (dessin d’Eve Luquet)

 

Corrèze : en Corrèze et sur la rivière Corrèze (dessin d’Eve Luquet)

 

supplément philatélique provenant du site d’Eve Luquet

Tulle : la cathédrale Notre-Dame, majestueuse et en face, la maison Loyac avec ses tourelles latérales (dessin d’Eve Luquet)

 

supplément philatélique provenant du site d’Eve Luquet

 

Ussel : la maison des Ventadour

 

Uzerche, la perle (fortifiée) du Limousin; à droite, on distingue le Château Pontier

 

 

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