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Papes de Corrèze

Papes de Corrèze

Au tout début du 14ème siècle, les conflits entre la papauté et le roi de France vont avoir pour effet collatéral le transfert du siège de la papauté de Rome à Avignon pour plusieurs décennies.À l’époque la ville ne fait pas partie du royaume de France même si elle en est toute proche, puisqu’il suffit de traverser le Rhône en prenant le pont St Bénezet pour s’y rendre

Avignon conserve des traces visibles de ce morceau d’histoire : le palais des Papes, considéré comme le plus important ensemble gothique au monde, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Entre 1305 et 1378, ce sont sept papes, tous français, qui vont se succéder dans ce nouveau siège de la papauté. Sur ces sept papes, il y eut trois Limousins, trois Corréziens : Clément VI (1342-1352), Innocent VI (1352-1362) et enfin Grégoire XI (1370-1378). Soyons objectifs : ce ne sont pas leurs origines géographiques, fussent-elles corréziennes, qui les mènent au sommet, mais bien plus leur intelligence, leurs compétences, leur aptitudes diplomatiques et leurs relations royales.

Il avait fallu 27 mois entre 1292 et 1294 pour élire un successeur à Nicolas IV. Ce successeur fut jugé rapidement inapte pour tenir le rôle de pape et abdiqua plus ou moins de plein gré au profit du cardinal Benedetto Caetani, un juriste à la personnalité affirmée qui prit le nom de Boniface VIII. Celui-ci se heurta très vite à l’opposition des Colonna et la querelle s’envenima jusqu’à un point tel que Boniface VIII se décida à les excommunier et à leur confisquer leurs biens. Les Colonna se réfugièrent alors en France. Et cet querelle coïncidera avec une crise qui va opposer la papauté au royaume de France; le pape conteste d’abord le droit à Philippe le Bel de lever des impôts sur le clergé puis incite les prélats français à réfléchir à des réformes à apporter au royaume de France, ce qui revient à affirmer la prééminence du spirituel sur le temporel. Boniface VIII va jusqu’à confirmer dans la bulle Unam sanctam cette suprématie du spirituel et cette prétention va être à l’origine dun conflit ouvert avec le roi de France, Philippe le Bel et ses conseillers, dont le plus influent dans cette affaire est Guillaume de Nogaret. qui ira jusqu’à proposer sa mise en accusation devant un concile

À la suite de ce bras de fer, Boniface VIII, doit encore faire face aux Colonna qui veulent retrouver leurs privilèges et décède finalement dans des conditions quelque peu obscures en 1304; cet épisode est connu sous le nom « affaire d’Agnani« …

En 1305 l’élection (laborieuse) d’un nouveau pape amène au pouvoir un prélat qui n’est lié ni aux Caetani ni aux Colonna ou Orsini, l’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, une personnalité plutôt neutre, réputée excellent administrateur. Et Philippe le Bel milite pour cette candidature d’un homme qui s’est toujours montré adroit diplomate, même s’il est plus gascon que français (sa langue usuelle est la langue d’oc et non la langue d’oïl) et en même temps sujet des Plantagenêts, lesquels ont eu recours à ses services dans des affaires concernant la Guyenne.

Les intrigues et les conflits italiens le découragent de se faire couronner à Rome et c’est à Lyon qu’il sera intronisé sous le nom de Clément V. Et en prévision d’un concile qui doit se tenir à Vienne où parmi les sujets à débattre figure le devenir de l’Ordre des Templiers que Philippe le Bel veut abattre, il installera provisoirement sa résidence par souci d’indépendance vis à vis du roi de France, non loin de là, à Avignon, dans ce comtat Venaissin qui appartient en partie au Saint Siège depuis 1274; mais à deux pas du royaume de France, puisque il suffit de traverser le Rhône pour s’y rendre…Ses successeurs ne renièrent pas le choix de cette implantation dont la situation géographique présentait l’avantage par rapport à Rome d’être située sensiblement au coeur de la chrétienté occidentale. Jean XXII puis Benoît XII décidèrent de s’installer plus durablement à Avignon et cette décision se concrétisera par la construction d’un palais pontifical à la fois résidence de prestige et forteresse susceptible de protéger la papauté de l’hostilité de quelques princes … 

Puis arrivera sur le trône Pierre Roger, originaire de Rosiers d’Égletons, mais en réalité plus Parisien que Limousin; il se fait connaître par ses grandes connaissances en théologie, son intelligence et son éloquence. Gravissant rapidement tous les échelons de la hiérarchie de l’Église : abbé de Fécamp, évêque d’Arras, archevêque de Sens puis archevêque de Rouen – impliqué dans les négociations entre les rois de France et d’Angleterre, il est nommé chancelier de France* en 1330 (il a 39 ans) et devient un des hommes de confiance de Philippe VI de Valois. En 1338 il est nommé Cardinal. Et c’est à l’unanimité qu’il est élu pape en 1342 sous le nom de Clément VI.

C’est un esprit curieux et raffiné, amateur de poésie et aux goûts de luxe (pour son couronnement, on fera abattre 118 bœufs, 1023 moutons et 101 veaux); il sera surnommé pour cela « le Magnifique«  et fera agrandir et décorer ce palais des Papes pour en faire un endroit digne de la fonction, en faisant construire les deux ailes encadrant la Cour d’Honneur formant ainsi le Palais-Neuf.

Sur le site palais-des-papes.com, on décrit ainsi l’importance de sa contribution à l’édification du palais pontifical : « Avec Clément VI, l’élégance gothique entre au palais. Les croisée d’ogives foisonnent ; sculptures, culots de nervure, moulures, viennent orner la pierre. Il attire à sa cour les plus grands intellectuels et artistes de l’époque comme le peintre Mattéo Giovannetti et fait d’Avignon un creuset culturel et un foyer d’échanges européens. Il magnifie son palais par l’attention et l’ampleur qu’il accorde aux décors (fresques, vitrail, orfèvrerie, mobilier, tentures…)« 

Il mènera une politique de prestige, considérant que le pouvoir ne peut aller sans fastes.

C’est aussi un diplomate, qui, par son action permettra le rattachement du Dauphiné à la France en proposant que le fils aîné du Roi prenne le titre de Dauphin.

Il achète la forteresse de Visan et la seigneurie d’Avignon en 1348 à la comtesse de Provence et ainsi la papauté sera désormais chez elle, dans son fief du comtat Venaissin, un ensemble de terres compris entre le Rhône et la Durance correspondant sensiblement à l’actuel département du Vaucluse mais qui s’étend même jusqu’à la Drôme, avec l’enclave de Valréas.

Et au passage, il n’oublie pas de distribuer des faveurs et des avantages à des membres de sa famille : il aide son père à faire l’acquisition de la seigneurie de Rosiers d’Egletons au vicomte de Ventadour, son frère reçoit le fief de Beaufort, un de ses neveux – le futur Grégoire XI – est nommé cardinal à un âge inhabituel (18 ans !); il arrangera le mariage d’un autre de ses neveux, Guillaume Roger de Beaufort avec Aliénor de Turenne et lui achètera au passage le vicomté de Turenne ..

L‘époque est marquée par l’épidémie de la peste noire qui tua, selon les dires, 60000 personnes en 1348 rien qu’à Avignon; les responsables de cette hécatombe sont vite trouvés : ce sont les juifs qui seront alors victimes de la vindicte populaire et des pogroms. Clément VI prendra vigoureusement leur défense.

Et c’est aussi le début de la guerre de Cent ans (1337-1453)

Innocent VI : de son nom Étienne Aubert, né à Beyssac. Ce sera un peu un pape par défaut qu’éliront les cardinaux qui entendent peser sur les décisions et ne plus devoir subir un gouvernement monarchique comme celui de Clément VI. Et pour assurer ce pouvoir collectif, ils choisissent un homme réputé modeste. Étienne Aubert est un juriste qui a côtoyé Philippe VI de Valois. La guerre entre la France et l’Angleterre va mobiliser toute son énergie et les projets de croisade resteront à l’état de projet. Et puis le retour de la peste en 1361 va contrarier ses ambitions. Son esprit d’économie le pousse à modérer le train de vie pontifical, un peu forcé toutefois par les largesses financières de son prédécesseur, Clément VI.

Pierre Roger de Beaufort sera le 3ème pape limousin sous le nom de Grégoire XI. Neveu de Clément VI qui l’a nommé cardinal à .. 18 ans (**), il va passer 22 années de sa vie au service de la curie avant d’être désigné comme successeur de Urbain V. Il est décrit comme un homme humble, intelligent , subtil, savant (en droit civil). Il ajoute à sa connaissance des affaires une solide expérience de l’Italie. Ses contemporains vanteront volontiers son humanisme et son goût pour les lettres classiques ainsi que sa piété. Élu en 1370, il s’emploiera à ramener la paix entre la France et l’Angleterre, cherchera à réduire l’influence des Milanais, en particulier celle des Visconti et organisera le retour de la papauté à Rome en 1377 que n’avait pu mener à bien Urbain V.

Les 7 papes – de Clément V à Grégoire XI – ont nommé 134 cardinaux dont 95 français originaires du midi (Gascogne, Quercy, Limousin)

 

* l’équivalent de Garde des Sceaux

** on parle alors de népotisme : faveur ou avantage accordé aux neveux

 

sources :

Les papes d’Avignon, Jean Favier, Artheme Fayard 2006

Gloire de la Corrèze, Andoche Praudel, Éditions Manucius, 2016



Sites gallo-romains

Sites gallo-romains

La Corrèze est riche de sites gallo-romains, certains n’étant connus que depuis peu puisque hormis les « arènes » de Tintignac dont parlait déjà Prosper Mérimée en 1838 (inspecteur général des Monuments Historiques), les autres sites souvent cités sur les brochures touristiques n’ont été découverts et mis en valeur que dans la seconde moitié du XXème siècle

Voilà ce que recense Victor Forot en 1913 dans son ouvrage catalogue raisonné des richesses monumentales et artistiques du département de la Corrèze  :

– les « arènes » de Tintignac

– des traces de voie romaine à Aix et à Mercoeur au lieu dit Massalve, à Jugeals (Nazareth)

– une villa romaine à Argentat, village de Longour

– des vestiges de constructions antiques à Bugeat, au lieu dit Champ du Palais,

– un cimetière gallo-romain à Malemort, des fragments de poteries ou de tuiles, des urnes funéraires, des amphores à Meilhards au lieu dit le camp de César, à Davignac, à Mestes, Pandrignes, à Salon-la-Tour, Seilhac, Saint-Angel, Saint Merd les Oussines …

– un camp romain et un(e) aigle en granit à Ussel

Par différence, on s’aperçoit que des sites majeurs comme celui des Cars, de Margerides, de Gourdon-Murat et Pradines sont alors totalement inconnus.

 1 – Le site des Cars (St Merd-les-Oussines)

Le site fut mis en valeur par Marius Vazeilles, tout à la fois garde des Eaux et Forêts, homme politique et archéologue, à l’origine d’une politique de boisement du plateau de Millevaches. Les premiers travaux intervinrent aux environs de 1936, puis reprirent après guerre toujours sous sa houlette.

À l’heure actuelle on peut découvrir sur le site, les ruines d’un bâtiment de près de 60 m de longueur, constitué de deux parties distinctes, la seconde étant de construction plus récente (sans doute fin du IIème siècle ap JC).

La modernité des aménagements est assez hallucinante pour un édifice vieux de 18 siècles : chauffage « central » par le sol (hypocauste), salle de bains avec sa réserve d’eau (l’extraordinaire bac monolithe, pesant 9 tonnes et d’une capacité de 6000 litres), système d’égouts, terrasse orientée plein sud et bordée par un étang…

le bac, un monolithe de plus de 2 m de diamètre et de 1,75 m de haut

Comme souvent, des sépultures, ici deux mausolées, voisinent avec la villa.

Il faut souligner le tour de force qui a permis, malgré la disparition de nombreux blocs, la reconstitution des édifices qu’on imagine occupés par des riches ou des notables qui profitaient en ces lieux tranquilles de la pax romana

 2 – Le site de Tintignac (Naves)

Sur la commune de Naves, en se dirigeant sur Seilhac par la D1120, on passe à proximité immédiate du site de Tintignac. Connu depuis fort longtemps sous l’appellation les « Arènes de Tintignac«  par les archéologues qui avaient identifié un théâtre antique. Prosper Mérimée1 qui fut l’un des tous premiers Inspecteur des Monuments Historiques évoque le site dans ses « Notes d’un voyage en Auvergne et dans le Limousin«  paru en 1838 et recommande alors de procéder à des fouilles afin de mettre à jour les substructions de l’amphithéâtre. Il estime d’ailleurs que cette opération peut être effectuée rapidement, en moins de quatre ou cinq jours précise-t-il …

Ces fouilles vont permettre de recenser quatre bâtiments principaux.

Mais le site va acquérir une certaine notoriété en 2004 et les années qui suivent, à la suite de la découverte d’une fosse sacrée (une favissa) renfermant des fragments d’objets, en fer et en bronze, datés de la période comprise entre le IVe et Ier siècle avant J.-C : Christophe Maniquet – le découvreur – et son équipe mirent à jour une dizaine d’épées et de fourreaux en fer, des fers de lance, un umbo2 de bouclier, une dizaine de casques en bronze et en fer dont un prend la forme d’un oiseau, des têtes ou des corps d’animaux, sept carnyx, c’est à dire des trompettes de guerre ouvragées en bronze, à tête de sanglier ou de serpent. Une reproduction d’une de ces trompettes orne le hall d’accueil du Conseil Départemental.

Ce cas n’est pas unique en France puisque des découvertes de même nature ont été faites à Gournay sur Aronde dans l’Oise au début des années 80 et plus récemment, à Ablis dans les Yvelines.

La plupart des objets découverts dans la fosse de Tintignac sont des armes ou des objets utilisés lors des combats. La mise en fosse pouvait constituer un rituel ou une cérémonie lors de laquelle les armes de guerriers morts étaient « désacralisées » afin de ne pouvoir en aucune façon être réutilisées. Ou bien constituaient-elles un butin, pris à un ennemi vaincu et dont on exposait les armes pour ensuite les enfouir ?

On dénombre sur le site quatre bâtiments monumentaux signes de l’importance du lieu : un temple (fanum), un théâtre, un bâtiment semi-hémisphérique dont on ne connaît pas l’usage et enfin un dernier bâtiment dénommé « tribunal » faute de connaître réellement sa destination.

Le temple daterait du Vème ou IVème siècle avant J.-C ; il a été agrandi à l’époque gallo-romaine et le site a été occupé jusqu’au IIIème siècle après J.-C.

1 il fut aussi écrivain (Carmen, Mateo Falcone, Colomba etc) et auteur d’une célèbre dictée

2 c’est le renflement de la partie centrale du bouclier

 

  Les autres sites gallo-romains                

 

 

 

 
AIX : des choses à découvrir

AIX : des choses à découvrir

Des vestiges historiques ou archéologiques :

motte féodale ou motte castrale

Juchés sur les hauteurs au dessus du centre-bourg, face à la route qui part vers La Jarrige (endroit jadis connu sous la dénomination « chez les sœurs« , où était implantée une école libre), subsistent les vestiges d’un château féodal.

La position, sans doute stratégique, surplombe les alentours et bénéficie d’une vue dégagée notamment vers l’Est, c’est à dire l’Auvergne.

Ce château aurait appartenu au début du XVè siècle à la famille de Rochefort (a priori sans rapport avec Jean Rochefort)

La végétation a envahi les lieux et il est donc difficile de d’apercevoir quelque chose parmi ces ruines.

On distingue encore nettement en périphérie du site les restes des fortifications qui protégeaient les lieux, sous forme d’une butte circulaire régulière qui le ceinture ; cette ceinture est bien visible sur les photos aériennes.

Les investigations sur place ont mis en évidence une salle souterraine voûtée dont les dimensions ne sont pas précisées. Rien de très nouveau en réalité, ceci était connu depuis longtemps.

Le site est signalé sur les cartes de l’IGN et est répertorié au titre des sites classés :

http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/AIX-la-Marsalouze__motte_.pdf

Le lieu n’est pas mis en valeur ni même signalé. Dommage, il mériterait sans doute une signalisation appropriée, au moins sous forme d’un panneau d’information à l’attention du touriste ou des curieux de passage.

Voie romaine :

On retrouve la trace de la voie romaine reliant Lyon à Périgueux, dite voie Antonienne, sur la commune entre La Jarrige et le Ciarneix, au travers du bois de Pécey,

Elle n’a pas été dégradée et est encore globalement en bon état. La chaussée fait entre 5 et 6 mètres de large, ce qui, nous disent les historiens, permettait le croisement de deux chars.

Elle est bordée par de larges fossés qui correspondent peut être à des zones qui ont fourni une partie des matériaux constitutifs de la voie elle-même. En surface, elle est garnie de galets de petite taille (10 cm maximum) et non de dalles plates comme on se l’imagine le plus souvent et comme le schématise bizarrement un panneau d’information placé au départ.

Village médiéval du Grandcher :

À un kilomètre à peine du hameau actuel, on découvre des vestiges de bâtiments qui devaient sans doute constituer un embryon de village. Le docteur Longy ne le mentionne pas et on peut en déduire qu’il a été découvert assez récemment.

Il ne reste sur le site, envahi par la végétation, que quelques murets de hauteur réduite qui ont été protégés des intempéries par des bâches plastiques à la suite des fouilles entreprises dans les années 90b. On découvre essentiellement deux bâtiments d’environ 25 m x 5m, adossés au relief côté Nord/Nord-Est et orientés NE-SW. Cette configuration protégeait leurs occupants des vents froids de secteur N/NE et maximisait les apports solaires. Chaque bâtiment comprend entre 4 et 6 pièces.

En contrebas, une construction de forme circulaire a été identifiée par les archéologues comme étant un four.

D’après les datations, l’occupation du site s’est étalée sur plusieurs siècles, entre le Xè et la fin du XIVè ; chronologiquement, 2 phases d’occupation sont identifiables.

Le site est à l’abandon, uniquement signalé par un panneau directionnel au croisement sur le CD.

Dommage qu’il n’y ait pas la moindre indication sur les lieux qui permettrait aux visiteurs de s‘approprier le site et d’en faire un point d’intérêt pour les randonneurs

b Le site a été fouillé en 1992 et1994 (P. Conte, DRAC Limousin)

Curiosités à voir ou à visiter :

moulin de la Chassagnite :

Le moulin date des années 1865-1870. Il a été utilisé jusque dans les années 1970, son exploitant d’alors étant surnommé sans aucune originalité, « le meunier« c

Il a été remis en état à la fin des années 1990 par ses propriétaires.

Une amenée d’eau en bois canalise les eaux de la Dozanne (dénommée aussi La Gane) et entraîne une roue en bois de type roue à augets (ou à godets), à axe horizontal, de 4 m de diamètre environ.

L’intérieur – et donc les mécanismes et les meules – se visite au moment des journées du patrimoine.

Au dessus et de l’autre côté du chemin qui borde la maison, on peut voir un four à pain et une meule à huile.

https://www.lamontagne.fr/aix-19200/loisirs/a-la-decouverte-du-moulin-de-la-chassagnite-a-aix_1659148/

c D’après mes souvenirs, un grand amateur de belote puisqu’on le croisait assez fréquemment chez la Louise les dimanches, en pleine action

Le circuit de la factrice

La factrice a bel et bien existé ! Je l’ai d’ailleurs rencontrée !

Elle se nommait Eugénie Paris (et on l’appelait familièrement par le diminutif de « Génie« ), habitait dans le bourg d’Aix où son mari exerçait l’honorable profession de menuisier.

Le chemin de randonnée qui lui rend hommage aurait été calqué sur le circuit de distribution du courrier qu’elle desservait; et à cette époque (les années 50), le courrier était abondant, on peut imaginer que sa sacoche était bien lourde et la tournée devait être vraiment difficile en hiver !

Lorsqu’elle arrêtera ce métier à la fin des années 50, elle prendra la fonction de cantinière à l’école communale où elle s’occupera de la préparation des repas d’une cinquantaine d’enfants; je garde le souvenir de ses purées qu’elle savait faire comme personne…

 

 

Ouvrages consultés :

Le canton d’Eygurande du Dr F. Longy (bulletin de la société des lettres, sciences et arts 1er trimestre 1892)

Le pays d’Eygurande Simon Louradour OT d’Eygurande 2005

document de la DREAL description de la Corrèze (en médiathèque)

site Internet de l’IGN GéoPortail : https://www.geoportail.gouv.fr/

 

AIX : le bourg, l’église, l’école

AIX : le bourg, l’église, l’école

Le bourg et le centre du village :

l’église :

Le Docteur Longy nous précise dans sa monographie « que toute la population est catholique« , ce qui peut prêter à sourire mais ne nous surprend pas et montre bien la place que la religion pouvait tenir à cette époque : primordiale

L’église constitue le cœur historique du bourg, autour duquel se sont organisées les autres activités. Elle est dédiée à Saint Martin; la nef romane date du XI ème ou XII ème siècle mais le sanctuaire serait plus récent.

Elle comporte 2 chapelles de chaque côté de la nef. Le retable, assez remarquable par la finesse de ses figures, date du XVII ème siècle et proviendrait de l’abbaye de Bonnaigue (implantée à Saint Fréjoux)

Au début des années 50, c’est un curé un peu hors normes qui prend en charge la paroisse d’Aix pendant une durée elle aussi hors norme, plus de 50 ans : l’abbé Erens

Un curé né aux Pays-Bas et qui fut bloqué en France en raison de la guerre alors qu’il y faisait ses études.

Il conserva durant toute sa carrière aixoise un accent germanique très prononcé qui le rendait très reconnaissable mais aussi peu compréhensible lors de ses sermons …

On peut imaginer qu’il fut à l’origine de la venue de familles hollandaises qui vinrent s’installer en tant qu’agriculteurs sur la commune dans ces années-là. Des immigrants assez inattendus qui importèrent avec eux des techniques agricoles modernes, inconnues des locaux.

La Montagne lui consacra un article détaillé lors de ses obsèques en 2004 :

l’école :

– l’école en 1960 : nous sommes tous rassemblés devant la cantine et encadrés par les maîtres, Mlle Vernerie institutrice des CP et CE et M. Vergne qui prenait le relais avec les CM et au-delà (son plus jeune fils Gilles est au dernier rang, le 4ème en partant de la droite).

Personnalités :

– Personne ne semble avoir atteint une notoriété telle qu’on chérirait sa mémoire jusqu’à la fin des temps. Les personnalités les plus connues sont les maires successifs : François Ratelade le maire actuel a succédé à Françoise Couzelas, laquelle prenait la suite de Antoine Lhéritier lui-même successeur de Paul Couzelas. On peut aussi citer Annie Lhéritier, ancienne conseillère du Président Chirac et ex-conseillère générale du canton d’Eygurande.

AIX : à quoi ça ressemble ?

AIX : à quoi ça ressemble ?

Un peu de géographie 

À l’extrémité Est du département, la commune a longtemps été rattachée au canton d’Eygurande, jusqu’au redécoupage cantonal intervenu en 2015. Sa superficie en fait une des plus grandes du département et elle aurait même pu être la première par ordre alphabétique si Affieux n’était pas venu la devancer d’une courte tête (on pourrait presque dire « c’est affreux !« ). On est en majeure partie à plus de 800 m d’altitude – 880 m au Puy Labarre – et le relief est plutôt orienté suivant une ligne NW→ SE sauf dans sa partie Ouest, ce qui transparaît bien sur la carte ci-dessous. L’écoulement des eaux suit le relief, pour rejoindre la Sarsonne et la Dozanne à l’Ouest, le Dognon dans la partie centrale et la Barricade à l’Est; ces rivières alimentent la Diège, le Chavanon et la Dordogne, le Dognon formant avec cette dernière, le site de la Vie à Monestier-Port-Dieu.

– L’attirance de l’Auvergne :

le massif du Sancy impose sa présence et attire immanquablement le regard. Il est là, tout proche semble-t-il, mais l’impression est trompeuse : les sommets que l’on voit à l’horizon sont à une distance de 35 km ou plus.

le massif du Sancy, vu depuis Aix

Cette attraction n’est pas seulement visuelle; elle se traduisait d’ailleurs quelques décennies en arrière par des liens administratifs dont un exemple est celui du rattachement du lycée d’Ussel (aujourd’hui collège Voltaire) à l’académie de Clermont-Ferrand. La frontière Limousin-Auvergne n’était alors pas tout à fait à l’endroit actuel !

Un peu de toponymie  :

Le Dr F. Longy a fait une description détaillée de la commune dans sa monographie consacrée au canton d’Eygurande, publiée en 1892a. Entre autres informations intéressantes (on y apprend notamment que la population dépassait les 1000 habitants à l’époque !), il a précisé à chaque fois la signification étymologique des noms des différents hameaux – on en compte 40 ! – de la commune (dont certains ont disparu depuis lors); on verra que la quasi totalité des noms sont en lien direct avec le relief ou des particularités géographiques :

– Aix : le nom de la commune viendrait du latin aquas eaux ou du celtique aygo. NdR : notons qu’en patois on dit Varay ou Veray, ce qui semble sans rapport avec la racine latine ou celte… et d’ailleurs que pouvait signifier la dénomination patoisante ? Mystère !

Le bourg d’Aix vu depuis le CD49

– Bonnefond, patois Bounofoun. du latin bonus fons, bonne fontaine

– Chalons, patois Tcholoun. du celtique caill, d’où cheyle, bois, forêt ou du latin calmœ, bruyères.

– Grancher, patois Grantchié. [Granché sur la carte de Cassini] ; du latin casa, maison, grande maison. NdR : cette origine n’est pas convaincante …

– Lair, patois Lair. du latin aria, æria, lieu inculte

– Labesse, patois Lobesso. du latin baissa, marécage

– Laboucheix, patois Loboutchey. du germanique Busch, ou du latin boscus, bois, forêt

– Larfeuille, patois Lorfeuillo. du latin ardens, qui pique, et folium, feuille, feuille qui pique, houx

– Lachassanite, patois Lotchossonito, du basque cassou, chêne. NdR : aujourdhui : La Chassagnite

– Lajaloustre, patois Lod’joloutro. du latin palustris, lieu marécageux. La lettre J a remplacé le P primitif

– Lajarrige, patois Lod’joridjo. de jarro, variété de chêne

– (Lamaisonneuve, patois Lomaysouneuvo. du latin mansus novus, maison neuve, ou simplement du français. NdR : ce hameau n’existe plus)

– Lamarsalouse, patois Lomorsolouso ; on devrait écrire Lamarsalhouse. de l’anglais marschal, maréchal, et house, maison, maison du maréchal (NdR : comprendre maréchal-ferrant)

– Lanavade, patois Lonavado. du latin noda, source, torrent ou de l’espagnol nava, prairie. NdR : le terme espagnol qualifierait plutôt une vallée ou bien un endroit encaissé entouré de hauteurs

– Laroche, patois Lorotcho. Du latin rapes, rocher.

– Laroussange, patois Loroussand’jo. du latin roncia, ronce

– Lasauvette, patois Losauveto. Du latin sylva, forêt

– Lasiauve, patois Losiaüvo. du latin sylva, forêt

– Laval, patois Lavey. du latin vallis,vallée

– Lavergne, patois Laveargnio. du celtique gwern, aune; d’où vernus, vernetum, pays de l’aune. NdR : ou plutôt aulne, arbre des zones humides

– Lavialle patois Lovialo. du latin villa, viala, village, maison de campagne

– Lebascoulergue, patois Lebacoulergue. du germanique busch, d’où boscus, bois, et du saxon erl, aune, bois de l’aune

– Lebudey, patois Lebudey. du celtique boe, plus tard bu, maison et œ, en, humide, maison du marécage. Aujourd’hui orthographié Le Budeix

– Lemascharrier, patois Lematcharié. du germanique makeren ou du latin maceriœ, murailles en pierre sèche

– Lemareix, patois Lemarey. du latin mariscus, lieu humide

– Le Sciarneix, patois Lechiarney. du celtique sar, qui coule, et du latin noda, source, ruisseau.

– (Lespassadoux, patois Lœupassadou. du latin passus, passage. NdR : ce hameau n’existe plus)

– Lesvalades patois Lavalada. du latin vallis, vallée

– Montesserre, patois Mountossero. du latin mons, montagne, et surtus, défriché, montagne défrichée

– Rebeyrix, patois Rebeyri. du latin riberia, plaine

– Venard, patois Venar, anciennement Avenard. du latin vernus, aune, lieu planté d’aunes

– Vintéjoux, patois Vintéd’jou. du patois vinted’jou, lieu exposé aux tourmentes de neige

On notera l’absence du hameau d’Encognéras (dont le nom est orthographié Cognieras sur la carte de Cassini), qui n’était peut être pas rattaché à la commune à l’époque ?

Au milieu des noms issus du latin, on retrouve quelques racines celtiques ou germaniques qui traduisent des influences plus anciennes, venues d’Europe centrale.

a source : Le canton d’Eygurande du Dr F. Longy (bulletin de la société des lettres, sciences et arts 1er trimestre 1892)

La règle à calcul

La règle à calcul

Aujourd’hui lorsqu’on veut faire des calculs, on utilise le plus souvent des outils qui nous sont devenus familiers : les calculettes

Et avec l’informatique, on peut encore aller plus loin, automatiser des calculs, faire des simulations, traiter des données avec ces outils extraordinaires que sont les tableurs (Excel, Calc ..).

Mais comment faisait-on avant ?

Avant, jusqu’au milieu des années 70, c’était avant … et il n’y avait pas de calculette ! pas d’ordinateur et pas de tableur; Texas Instruments (inventeur du circuit intégré en … 1958) existait à peine et n’avait pas encore révolutionné l’électronique et Bill Gates mettait encore des Pampers.

Dans la vie de tous les jours comme à l’école, au moins jusqu’en 3ème, on calculait tout « à la main »; au-delà de la 3ème, on passait aux choses « sérieuses » avec la règle à calcul, l’outil High Tech de l’époque, un instrument réservé aux élèves des classes orientées vers les maths, qui doivent manipuler les fonctions trigonométriques, les logarithmes et exponentielles; un instrument très malin, révolutionnaire même, qui permettait de faire tous les calculs, aussi bien les opérations de base que les calculs scientifiques :

– multiplications, divisions, carrés et racines carrées, cubes, inverses, proportions

– mais aussi : logarithmes, exponentielles, fonctions trigonométriques sin, cos, tg et leurs inverses : ArcSin, ArcCos, Arctg

Cet instrument continuait d’accompagner son propriétaire jusqu’en faculté, où il régnait sans partage dans les études techniques ou scientifiques jusqu’en 1975 lorsque apparaissent les premières calculettes (qui plus est, programmables) TI ou HP

Comment fonctionne la règle à calcul :

Le principe repose sur l’échelle logarithmique qui a pour particularité de transformer une multiplication en une addition et une division en une soustraction :

en effet : log (a * b) = log a + log b et log (a/b) = log a – log b

On sait que 100 = 10 * 10 → on peut écrire : log (100) = log (10 * 10) = log (10) + log (10) : sur l’échelle logarithmique, on visualise effectivement que la graduation 100 est, par rapport à l’origine, à une distance double de la graduation 10.

Multiplier deux nombres revient donc à une addition de deux longueurs, ce que permet de faire la règle avec son système de réglette mobile. La précision est de deux ou trois décimales, il suffit juste de placer la virgule au bon endroit.

Et comme en plus la fonction logarithme croît très lentement – le logarithme de 1 milliard (109) vaut 9 – il devient alors possible de manipuler aisément de grands nombres sans qu’il soit besoin d’avoir une règle d’une longueur démesurée qui ne rentrerait pas dans le cartable …

La règle est un instrument de précision fragile dont il faut prendre soin; surtout qu’elle est vendue S.G.D.G (= « Sans Garantie du Gouvernement »), selon l’expression en vigueur à l’époque (voir illustration ci-contre), formule qui était apposée sur de multiples objets et qui a disparu depuis lors. Finalement, il n’y a pas de véritable changement, le gouvernement d’aujourd’hui ne garantit pas plus que ses lointains prédécesseurs !

 

 

 

 

 

Une bd dont l’action se passe en corrèze

Une bd dont l’action se passe en corrèze

Sasmira de Laurent Vicomte

Cette Bd ésotérique de Laurent Vicomte démarre à Paris puis l’action se déplace en Xaintrie

il semble que l’auteur situe les lieux plutôt dans la partie cantalienne de la région .. On est quand même un peu en Corrèze …

 

 

 

Bonjour tout le monde

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Essai d’alignement à droite + couleur