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Claude Michelet

Claude Michelet

Claude Michelet auteur de la série Des grives aux loups

Fils d’Edmond Michelet, ministre du Général de Gaulle, Claude Michelet a été agriculteur et éleveur. C’est dire si malgré ses origines citadines, il connaît l’agriculture, corrézienne notamment, d’autant mieux que son épouse, originaire de Perpezac-le-Blanc vient, elle, d’un milieu d’agriculteurs.

La saga des Vialhe reste, et de loin, son plus grand succès (Prix des Libraires 1980)

 

[1905 : le certificat d’études]

Pierre-Édouard ne les avait pas oubliés (Ndr : les conseils du maître). D’abord, des copies bien présentées et d’une calligraphie sans défaut ; pas de taches ni de ratures, une ponctuation scrupuleuse et, lorsque besoin serait, de belles et gracieuses majuscules. Ensuite, une attitude modeste, réservée; pas de mains dans les poches ni de doigts dans le nez, se mettre debout pour répondre aux questions, croiser les bras dans le dos pour bien dégager la voix et ne pas couper la respiration ; toujours réfléchir avant de répondre et se défier des pièges du genre : «Vous m’avez bien dit que six fois sept font quarante-quatre ?»

[1910 : la ligne du chemin de fer]

En revanche tous les propriétaires concernés par le passage menaient une dure bataille pour obtenir le maximum de dédommagements ..

Au printemps précédent, la compagnie avait envoyé un de ses ingénieurs pour obtenir les autorisations. Le pauvre homme n’avait pas obtenu une seul signature !

Pour éviter tout risque de mécontentements, la compagnie changea de tactique et emporta ainsi la deuxième manche. Jetant au panier le tracé initial, qui avait le mérite d’être le plus court et le plus logique, mais l’inconvénient de se heurter au bloc des propriétaires, elle décida, en accord avec les Ponts et Chaussées, de suivre tout simplement la route qui serpentait déjà entre les bourgs et les villages touchés par le chemin de fer. Cela impliquait un kilométrage beaucoup plus long et des méandres grotesques mais, chiffres en main, cette opération revenait quand même moins cher …

[1914 : la guerre]

Il perçut enfin l’ordre ..

Alors, d’un geste las, il fit signe à ses hommes d’arrêter le tir, se dirigea vers eux en titubant et s’accouda contre la roue gauche de la pièce brûlante. Comme beaucoup de ses camarades, il saignait du nez et mille cloches lui sonnaient dans le crâne.

Devant lui, dans les champs bouleversés et les bosquets massacrés, s’étalaient à perte de vue des hommes cueillis en pleine course, à bout portant ;

– Passe-moi un peu de tabac.

L’homme tendit le bras par dessus le fût. Un claquement sec arrêta son geste. Son képi voltigea comme un papillon. Hébété, Pierre-Edouard vit son compagnon qui glissait mollement contre la roue. La balle lui avait perforé tout le haut du crâne. Pers ses lèvres entrouvertes, s’échappait doucement la fumée de la cigarette qu’il venait d’allumer.

Extraits de des grives aux loups,1979

[1940 : de nouveau la guerre]

Deux jours plus tard … Jacques découvrit la guerre …

Et, déjà, en face de leurs simples fusils, de leurs vieilles Hotchkiss et de leurs trop rares canons de 25 – dont il importait d’économiser les projectiles – se profilaient les massifs et grondants blindés de la 4ème Panzer-Division de Von Kleist ; les K.W. 3 de quinze tonnes, avec leur canon de 37 et leurs M.G. 34 de 7,92 mm. Et les voltigeurs qui les suivaient – comme les chacals suivent les lions – étaient souples, eux, vifs, redoutables car nul sac à dos, musette et autre barda ne les encombraient ; parce qu’ils ne se prenaient pas les pieds dans les bandes molletières dénouées ou les pans de la capote, parec qu’au robuste mais lent M.A.S. 36 ils opposaient le terrible et si rapide feu de leurs Maschinen-Pistol 40 …

[hiver 1956]

La fin du mois fut pluvieuse et douce. Mais si, au soir du 31 janvier, tout le monde se coucha au chant des gouttes d’eau pleurant dans les dalles, le silence étonnant au matin du 1er. Un silence figé, glacial. Dans la nuit, sans prévenir, l’hiver était tombé comme un couperet ; il faisait moins douze à 8 heures du matin et moins quatorze à 11 heures.

Paralysés par le froid et stupéfaits par la rapidité de l’attaque, les gens se Saint Libéral tirèrent leurs volets, calfeutrèrent les portes des caves et des étables à grand renfort de bottes de paille et se tapirent dans les cantous au centre desquels ronflait un feu d’enfer.

Le froid s ‘installa et, poussé par un vent coupant comme du verre, accrut son emprise. Même la neige qui, dès le 10, chuta en abondance, ne parvint pas à radoucir une température qui se cantonnait vers moins quinze. Le 11 la Vézère gela. Mais il fallut attendre le mercredi 18, jour des Cendres, pour subir une morsure du froid que bien peu au village avait déjà connue. Même Pierre-Édouard admit que les hivers 99, 17 et 39 n’avaient pas atteint de telles températures.

Extraits de Les palombes ne passeront plus,1980

La Corrèze au travers des timbres – 3 –

La Corrèze au travers des timbres – 3 –

Guerre, résistance :

Au centre, le barrage de l’Aigle dans sa vallée, avec des maquisards à droite ; à gauche, un largage de conteneurs évoque l’une des opérations majeures du maquis. Et au-dessus du titre, un aigle inspiré d’un logo retrouvé dans les archives du maquis.

Ce timbre rappellera à jamais l’histoire des maquis du barrage de l’Aigle. Leurs actions seront de deux ordres. En premier, travailler à retarder la construction du barrage sur la Dordogne, lancée en novembre 1940. Au lieu de 1942 comme prévu initialement, l’infrastructure sera achevée en 1945, mais sans avoir jamais livré le moindre kilowattheure d’électricité à l’occupant allemand.

En second lieu, il s’agit de mettre sur pied une organisation de résistance, l’ORA, dont la première mission est de récupérer et stocker clandestinement du matériel dévolu à la construction du barrage. La seconde sera d’organiser des parachutages d’armes et d’explosifs : trois auront lieu en 1943, le plus important le 14 juillet 1944. Au plus fort, le Bataillon Didier, constitué avec les maquis locaux, comptera un millier d’hommes. « Nous voulons continuer à porter haut les valeurs qui les animaient et honorer leur mémoire, explique l’Amicale des Compagnons de l’aigle sur Dordogne. L’édition d’un timbre, par le symbole du premier jour, par le côté vivant et intemporel de l’objet nous a paru un moyen approprié ».

d’après un article paru sur La Montagne, le 22.08.2016

Le 7 juin 1944, les francs-tireurs partisans (FTP) attaquent la garnison allemande de Tulle faisant de nombreux tués de part et d’autre. Le 9 juin 1944, 3 jours après le débarquement, la 2ème division blindée SS Das Reich quadrille la ville et arrête tous les hommes valides de 16 à 60 ans, sous prétexte de contrôle de papier.
Ces hommes parqués dans l’enceinte de la manufacture d’armes vont faire l’objet d’une sélection préliminaire.
99 Tullistes vont être suppliciés, pendus aux balcons et aux réverbères. Sur les otages restants, 149 d’entre eux sont envoyés en déportation, 101 y perdront la vie.
Sur le timbre, les Martyrs sont symbolisés en 3 rangées, en arrière-plan figure la manufacture d’armes où ils ont été parqués par les Allemands. Tous les ans, le 9 juin, un hommage est rendu aux Martyrs de Tulle.
Le lendemain, un autre détachement de la même division SS entre dans la cité d‘Oradour-sur-Glane pour y commettre une odieuse tuerie.

documentation : La Montagne et Conseil départemental

Né à Neuvic en 1884, député à l’âge de 30 ans, ministre de l’Agriculture à plusieurs reprises mais aussi de la Santé ou encore des Travaux Publics dans l‘entre deux guerres, rallié au général de Gaulle pendant la guerre, il sera président ou vice-président du conseil à 8 reprises entre 1948 et 1954. On lui reconnaît le mérite d’avoir mené à bien le processus déjà amorcé de la création de la SNCF ; il aurait aussi été à l’origine de la caisse nationale de crédit agricole, ancêtre du crédit Agricole

Edmond Michelet, résistant, ministre du Général de Gaulle et aussi père de Claude Michelet

  André Malraux réfugié un temps à St Chamant, entre dans la clandestinité sous le nom de « colonel Berger »

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