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Belvédères, points de vue et tables d’orientation

Belvédères, points de vue et tables d’orientation

Admirer le paysage : voilà une occupation reposante, gratuite et agréable s’il en est.

Pour pratiquer cette activité récréative, le plus simple consiste peut être à le découvrir depuis un point haut; et c’est d’ailleurs là que sont implantés les points de vue et belvédères qui parsèment le territoire.

Ces petits édifices permettent de découvrir un peu tous les horizons de la Corrèze et parfois même d’apercevoir ce qui se passe chez nos voisins, gens du Puy de Dôme ou du Cantal

ils sont, assez logiquement, nombreux sur la montagne Corrézienne, suivent de près le tracé de la Dordogne ce qui permet d’admirer les lacs de retenue des barrages hydroélectriques de Bort, Marèges, l’Aigle et le Chastang. De façon plus inattendue, ils sont assez nombreux sur la Basse-Corrèze, tous situés sur les crêtes qui vont de Donzenac à Juillac et qui surplombent (légèrement) le bassin de Brive.

Ils constituent pour la plupart un point d’étape ou un terminus de promenade et sont un moyen de découvrir le pays que cette position surélevée permet d’apprécier, un peu comme si on le survolait en avion ou Ulm, sans pour autant prendre le moindre risque et sans consommer une goutte de pétrole !

Le site tourismecorreze.com en recense une quarantaine :

https://www.tourismecorreze.com/fr/tourisme/points_de_vue_amenages_et_tables_d_orientation-carte.html

En voici quelques-uns que j’ai visités au hasard de promenades :

Ayen

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux

Une des tables les plus basses en altitude (377 m) avec celle de Juillac, mais aussi l’une des plus accessibles.

Le texte qui figure sur la table précise qu« elle est érigée à l’emplacement d’un château féodal occupé par les soldats du vicomte de Limoges ; il fut le siège de nombreux combats au cours de la guerre de 100 ans, puis il fut rasé par ordre royal. C’était une des citadelles qui avec le château d’Yssandon surveillait la région et la protégeait des invasions« 

Chaumeil table d’orientation du Suc au May

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux

Le Touring Club de France a participé au financement de cette table qui a été inaugurée en 1935 en la présence de M. Henri de Jouvenel.  C’est apparemment la plus ancienne du département.

Voici le compte-rendu qu’en fit un journal (Revue du Centre Ouest économique et touristique, parue en sept-oct 1935) :

 

Le dimanche 25 août [1935 donc], eu lieu, sous la présidence de M. de Jouvenel, ambassadeur, ancien ministre, l’inauguration de la table d’orientation des Monédières. Cette table, placée au Suquet du May, à 911 mètres d’altitude, est la 132ème placée en France et dans l’Afrique du Nord. Elle n’est pas sur le point culminant des Monédières, mais de cet endroit la vue est magnifique et aussi belle qu’on puisse le demander : elle s’étend sur toute la Corrèze et les six départements qui l’entourent, sans qu’aucune levée de terrain ne masque les environs. Panorama superbe par temps clair et qui récompense largement le touriste d’une ascension facile.

La cérémonie s’est déroulée par beau temps, pas très clair cependant, les brumes violettes de l’horizon dissimulent au grand regret des nombreux assistants, des monts du Cantal et les autres points lointains.

Pendant la cérémonie, un avion de l’aéro-club du Limousin a survolé les Monédières et a laissé tomber une gerbe de fleurs devant la table d’orientation. Le geste émouvant a été salué par les applaudissements des assistants.

La table est placée sur un socle hexagonal en pierre de Volvic. La gravure est sur lave émaillée, elle est due à l’art consommé de M. Seurat, directeur de la fabrique de lave émaillée d’Auvergne. Elle représente la carte de la région et le panorama, dressé par M. Billard, professeur à Tulle. Elle est placée sur un point géodésique de premier ordre du service géographique de l’armée déterminé en 1839, qui se trouve sur la ligne droite de Perpignan à Dunkerque. Trois plaques émaillées fixées sur le pourtour indiquent le nom des souscripteurs, le point exact où elle est et la date de l’inauguration. Elle est d’un accès facile, les voitures de tourisme peuvent facilement u arriver.

À midi, un banquet de 150 couverts était servi à l’hôtel Picard, à Saint-Augustin. À la table d’honneur on remarquait Mme et M. de Jouvenel, M. le Préfet de la Corrèze, M. le docteur Lafage, conseiller général de la Corrèze …

au dessert des discours ont été prononcés …

Puis successivement, la « Lyre Corrézienne«  et « l’École de Ventadour«  se sont fait applaudir.

En fin à 21 heures, un magnifique feu d’artifice fut tiré.

Extrait d’un discours (de M. Gabiat, à l’époque ancien député de la Haute-Vienne) *:

« … je ne pouvais rester insensible à l’attractif appel de l’Éricïnéenne** région des Monédières, nous invitant à voir ses monts, en pleine splendeur estivale, et déjà somptueusement parés de leur très symbolique fleur de Bruyère …

et aussi cet autre appel de l’Airelle-Myrtille, aux baies finement acides et rafraîchissantes, qui à l’instar Virgilien des vignes du Mont-Ida, parfois se dissimulent, en cette auguste brousse, plus souvent s’y épanouissent copieusement, sous le direct et avide regard des gourmets …« 

* au vu de la teneur du discours, on peut effectivement penser qu’il fut prononcé après le repas !

** famille botanique qui comprend la bruyère, le rhododendron, l’azalée, etc

Couffy sur Sarsonne, Puy du Vareyron

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux. La vue sur le massif du Sancy et le Puy de Dôme vaut le détour !

Juillac, table d’orientation du Chatenet

Jolie table émaillée de forme carrée aux coins rognés; de ce point de vue, on distingue vers l’Est, la faille ardoisière qui marque la limite entre le bassin de Brive et le plateau corrézien et, au loin, les sommets des Monédières. Vers le Sud, on découvre le bassin de Brive entouré par quelques reliefs qui émergent tels qu’Ayen ou Yssandon,

Liginiac, belvédère du barrage de Marèges 

Conçu par l’Ingénieur André Coyne (grand spécialiste de ces ouvrages), le barrage de Marèges construit au début des années 1930 est un des plus grands d’Europe, sinon le plus grand : 90 m de hauteur, 187 m de développement ; les fondations profondes de 50 mètres (!) font que sa hauteur réelle est de 140 m, donc plus haut que la pyramide de Chéops (mais moins visité sans doute). À l’époque quatre groupes turbo-alternateurs de 37,5 MW fabriquent l’électricité. Une électricité destinée avant tout à la compagnie ferroviaire Paris-Orléans (compagnie qui fusionnera avec d’autres en 1938 au sein de la SNCF) qui en est le commanditaire et qui servira à électrifier le tronçon entre Vierzon et Brive. L’économie en charbon est considérable et la vitesse et la fiabilité des trains s’en trouvent aussi bien améliorés.

Le barrage est inauguré le 5 octobre 1935 par le ministre des travaux publics, M. Laurent Eynac, en présence du président de la compagnie P-O, de M. Queuille et autres personnalités, mais en l’absence notable de M. de Jouvenel, décédé la veille et auquel le ministre rendra hommage dans son discours; un discours qui évoque le compétition industrielle avec les pays voisins, dont l’Allemagne : « Marèges, barrage voûté, est actuellement le plus grand d’Europe, constatation qui n’est pas vaine à une époque où la force du sentiment national chez les peuples les oppose même dans le domaine technique en une compétition pacifique à la fois et passionnée, qui est souvent profitable.« 

Le barrage est en effet original dans sa conception puisque conçu comme une voûte qui transmet la poussée de la masse d’eau retenue sur les deux versants rocheux des rives.

Le compte-rendu journalistique exprime quand même un certain doute quant à l’impact environnemental de cet ouvrage puisqu’il écrit : « Un jour, hélas ! L’homme par son génie ou par sa malfaisance, mais en tous cas pour les besoins de sa civilisation, décida d’asservir et de façonner le travail de la nature« 

Extraits tirés de la Revue du Centre Ouest économique et touristique, parue en sept-oct 1935

Liginiac, le puy de Manzagol

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux, financée par le TCF.

Comme à Chaumeil et Couffy, la pierre de lave provient des usines Seurat à St Martin près Riom

La végétation s’est fortement développée autour du site et tout un secteur est à l’heure actuelle devenu inaccessible au regard.

Meymac, tour panoramique du Mont Bessou

Légèrement en contrebas des antennes géantes de radiodiffusion [ 200 m de hauteur ! ], la tour panoramique du mont Bessou, haute de 24 m permet d’atteindre l’altitude symbolique des 1000 mètres (Ceci reste très théorique, car le site d’implantation n’est pas exactement sur le point le plus haut…)

Monestier Port Dieu, site de la Vie

Une vue magnifique sur la retenue du barrage de Bort-les-Orgues qui s’étend sur une dizaine de kilomètres et dont la largeur peut atteindre jusqu’à 1 km. On distingue le château de Val (avec des jumelles c’est mieux), haut lieu du tourisme.

Le barrage de Bort est l’un des plus imposants parmi ceux de la Dordogne : 125 m de hauteur, près de 400 m de longueur de crête, une puissance installée de 240 MW. Il est en fonction depuis 1952.

Roche le Peyroux, belvédère de Gregeolles

Une vue un peu vertigineuse sur la confluence Diège-Dordogne. Ce belvédère est situé juste en face du site de St Nazaire, un peu en amont du barrage de Marèges.

St Exupéry les Roches

Table circulaire en lave émaillée sur soubassement rocheux ; comme à Chaumeil, Couffy et Liginiac, la pierre de lave provient des ateliers Seurat à St Martin-près-Riom (63).

La présence de la végétation, est bien rendue sur le dessin de la table.

Saint Martin la Méanne, barrage du Chastang

Un belvédère d’où l’on peut admirer le barrage du Chastang, vu de face.

Le potentiel hydro-électrique de la Dordogne est exploité à plein puisqu’on dénombre trois barrages en amont (Bort, Marèges, l’Aigle) et un en aval, le Sablier. Les affluents ne sont pas oubliés puisqu’on voir quelques barrages de taille plus modeste à Neuvic et Marcillac la Croisille par exemple.

 

Saint Setiers, Mont Audouze

Au beau milieu du plateau de Millevaches, cet endroit est particulier puisque selon que le regard porte d’un côté ou de l’autre, on découvre le bassin de la Dordogne, ou bien celui de la Loire ou plus précisément une partie du bassin de la Vienne qui prend sa source en ces lieux : on est sur la ligne de partage des eaux entre ces deux bassins.

Deux points de vue sont d’ailleurs aménagés, l’un dirigé vers le Sud-Est et la chaîne des puys, les Monts du Cantal et le bassin versant de la Dordogne; le panneau d’information précise la localisation des sources de la Diège, du Chavanon, de la Sarsonne, de la Dordogne, de la Triouzoune et de la Luzège.

À peu de distance, le second point de vue nous fait découvrir le bassin versant de la Vienne. Le lieu est joliment aménagé et permet de profiter agréablement de la vue. Et si l’on ne distingue pas les sources, cachées quelque part dans la végétation, des panneaux d’information permettent de comprendre l’hydrogéologie de ce bassin. Une grande fresque sur émail, décrit la géologie sur toute la longueur du parcours entre St Setiers et la confluence Vienne-Loire du côté de Chinon 370 km en aval.

La Vézère, autre rivière importante, prend sa source un peu plus au sud.

https://www.lamontagne.fr/ussel-19200/loisirs/changement-de-cap-cette-semaine-direction-saint-setiers-sur-le-plateau-de-millevaches_12034742/

 

Sarran, table d’orientation du puy de Sarran

Selon le panneau d’information, le site est à l’origine un calvaire, datant de 1883; les croix en bois ont été remplacées en 1939 par des croix en béton qui en font toute l’originalité. Un panneau d’orientation de forme trapézoïdale permet de d’identifier les différents éléments du paysage.

 

 Voir aussi, un peu sur le même sujet :
La méridienne verte – 2

La méridienne verte – 2

Sur la piste du méridien dans sa traversée de la Corrèze

Il n’est pas possible de suivre la méridienne sur son parcours, du Nord au Sud, aucune piste ou chemin n’ayant été aménagé pour le faire …

C’est aux intersections du méridien avec une route ou un chemin passant sur leur commune que les municipalités ont placé les éléments commémoratifs, constitués d’un ou plusieurs arbres maintenus par des tuteurs et d’un médaillon métallique de 20 cm de diamètre, posé sur un poteau béton de 1 m de hauteur environ :

Ce que j’ai vu (et pas vu) sur la méridienne verte (du Nord vers le Sud) :

à Couffy, il voisine avec un monolithe de forme surprenante près de l’Église et du monument aux morts :

à Courteix, bien caché dans le bois de Feyt (merci à André E. qui m’a indiqué l’emplacement) :

à St Pardoux le Neuf : non localisée …

à Ussel, en bordure de la RD 1089, direction Clermont-Ferrand. Le poteau béton et son médaillon ne semblent pas être à cet endroit …

à St Exupéry les Roches, près du hameau de Badour. L’arbre planté à l’époque est manifestement décédé !

à Mestes : pas de traces …

à Chirac-Bellevue, hameau de Vernéjoux : Le site est aménagé et propice à une halte réparatrice. C’est le seul endroit où a été mis en place un panneau d’informations, malheureusement déchiré en partie basse. Bravo à la commune !

à St Etienne la Geneste : sur la route qui part sur Chirac, mais le poteau béton et le médaillon ont disparu …

à Ste Marie Lapanouze : impossible à localiser

à Liginiac : deux médaillons commémorent l’évènement : le premier placé au sommet d’un poteau béton fiché en terre de façon classique, le second à proximité du premier mais mis en évidence sur un monolithe, en bordure de la D 20

à Sérandon : à la sortie du village, sur la D20E1 en direction du barrage de Neuvic