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Henry de Jouvenel, un destin hors-normes

Henry de Jouvenel, un destin hors-normes

Henry de Jouvenel a disparu des écran-radars depuis bien longtemps.

Je devrais dire : « le baron Henry de Jouvenel des Ursins » pour être précis puisqu’il a hérité de ce titre par ses ancêtres, lesquels se seraient approprié cette terminaison – des Ursins – de façon peut être irrégulière.

Henry de Jouvenel fut un des derniers aristocrates que la France ait connus, un intellectuel aux idéaux élevés, un politique à l’esprit agile. Un touche à tout extrêmement doué, grand orateur, agitateur d’idées. Un esthète aussi. Et surtout un esprit libre, tant dans le domaine politique que dans celui des mœurs.
Tout à tour conférencier, avocat, journaliste, chef de cabinet ministériel, promoteur du tourisme, négociateur à la SDN, sénateur, ambassadeur, haut-commissaire chargé de mission au Proche-Orient et deux fois ministre. Et aussi très sensible au charme féminin puisqu’on lui connaîtra trois épouses officielles, dont l’écrivaine Colette, et plusieurs autres, officieuses.

Henri de Jouvenel naît à Paris le 2 avril 1876 ; il est le fils de Raoul de Jouvenel (1843-1910), préfet de son état et de son épouse, Marie Dollé, issue d’une famille apparentée aux Perrier (Casimir Perrier fut président du Conseil). Son grand-père, Léon de Jouvenel (1811-1886), né à Affieux, est député de la Corrèze à plusieurs reprises, président du Conseil général (1857) et maire de Varetz près de Brive. C’est lui qui fait l’acquisition en 1844 du château de Castel-Novel sur cette même commune et c’est là que le jeune Henri passe son enfance dont il fera son pied à terre corrézien durant sa carrière.
L’état-civil le connaît sous les prénoms de Bertrand Henri Léon Robert. Le deuxième prénom deviendra son prénom usuel, le i terminal étant remplacé par un bien plus élégant y !

Son frère Robert, futur journaliste, voit le jour 6 ans plus tard.

LA JEUNESSE


Sa jeunesse se passe essentiellement à Paris où il est scolarisé. Élève du prestigieux collège Stanislas à partir de 1893, il sera lauréat du concours général en 1895 en obtenant le deuxième prix de rhétorique. Il poursuivra son parcours universitaire à La Sorbonne d’où il sortira comme licencié ès-lettres en 1897. Durant ces quelques années, il nouera des amitiés durables avec Anatole de Monzie, futur ministre de gouvernements de la 3ème République et fréquentera des cercles socialistes proches du député et futur président du Conseil, Joseph Paul-Boncour.

Anatole de Monzie est originaire du Lot, géographiquement tout proche de la Corrèze. Est-ce cette proximité qui les rapprocha lorsqu’ils étudiaient à Stanislas, on ne sait pas. De Monzie mena une longue carrière politique et après avoir pris ses marques comme chef de cabinets ministériels, il fut élu député du Lot et deviendra ministre à de nombreuses reprises. Son amitié avec Henry de Jouvenel ne s’est jamais démentie. Il est le parrain des deux fils d’Henry, Bertrand et Renaud.

Paul-Boncour, un peu plus âgé que Jouvenel et Monzie (il est né en 1873), s’engage assez tôt en politique auprès de Waldeck-Rousseau alors président du Conseil, dont il sera le collaborateur durant 3 années. Il fera ensuite carrière au ministère du travail. Par la suite, il se consacrera à la politique étrangère, d’abord comme délégué auprès de la SDN puis accédera à des postes ministériels dans les années 30. Il sera aussi, de façon éphémère, président du Conseil en 1932.


Il accomplit une période militaire durant laquelle il est en garnison à Bellac (87)

   

Il rôdera ses talents d’orateur en animant des conférences, des « causeries » dont la presse se fait l’écho. Il participera à la vie associative, fréquentera des groupes de réflexion, ce qu’on appellerait aujourd’hui avec un anglicisme malvenu, des « think tank ». Il intervient dans des congrès, écrit des articles sur des sujets assez divers, à l’image de son éclectisme intellectuel.

L’apprentissage de la vie politique d’Henry de Jouvenel passe aussi par la conférence Molé-Tocqueville dont il est un membre actif et où se côtoient nombre de futurs parlementaires, mais aussi des journalistes, des avocats. C’est un lieu où l’on confronte ses idées et où on développe son éloquence. Il devient vice-président de cette organisation fort influente en 1902 puis en assurera la présidence à partir de 1906.

En 1901, la mésentente de ses parents les conduit au divorce. Sa mère se remarie avec un diplomate, Armand Chevandier de Valdrome avec lequel elle entretenait sans doute une relation un peu ancienne puisqu’elle accouche cette année-là d’un troisième enfant, une fille prénommée Édith, qui est donc la demi-sœur des frères Jouvenel. Elle mourra de la tuberculose à 21 ans alors qu’elle vient de se marier.

Dès 1902, il entamera une carrière politique en tant que chef de cabinet du ministre de la justice. Quelques années après, il rejoindra le quotidien Le Matin comme rédacteur en chef. Un évènement cataclysmique va toutefois interrompre pour un temps cette trajectoire qui mêle journalisme et politique et que nous décrirons dans le second volet de cet article : la guerre !

 LA GRANDE GUERRE


De temps en temps, l’éventualité d’une guerre est évoquée mais sans qu’il y ait derrière ce sentiment, une menace imminente. La puissante Allemagne s’estimant néanmoins en retard dans le domaine colonial pas à la hauteur de son influence n’hésite pas à provoquer des incidents en vue d’en tirer un avantage : c’est d’abord la crise de Tanger en 1905 suivie, six plus tard de celle d’Agadir qui vont se régler par la négociation. Pour un temps …

Mais ces évènements vont conduire l’état-major français à reconsidérer le niveau des effectifs des armées, insuffisant comparé au volume des armées allemandes. Ce qui va amener les politiques à faire passer la durée du service militaire de 2 à 3 ans en 1913.

Les rivalités s’exacerbent et les choses vont déraper soudainement à la suite d’un enchaînement d’évènements qui démarre avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo par un extrémiste Serbe. L’Autriche-Hongrie profite de cette affaire pour s’attaquer à la Serbie ; le jeu des alliances* va entraîner la Russie à déclarer la guerre à l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne qui n’attendait que cette occasion, entrant à son tour dans cet engrenage mortifère.

* La triple alliance réunit l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie; la triple entente regroupe la France, la Grande-Bretagne et la Russie

Malgré son âge (38 ans) Henry de Jouvenel est mobilisé en août 1914 au 44ème régiment d’infanterie territoriale, chargé de la défense de Verdun où il restera durant huit mois.

Il est lieutenant d’infanterie et fait donc partie des soldats les plus exposés. On sait qu’il fut blessé, dès le début de la guerre, en septembre ; une blessure légère dont il se remit assez vite. Curieusement, son frère Robert fut lui aussi blessé à peu près au même moment.

Colette qui partage alors sa vie se retrouve soudainement seule et eut du mal à supporter la situation. Elle est inquiète et fait part de son inquiétude à un diplomate de ses amis, Philippe Berthelot (le fils de l’illustre chimiste) :
« Cher ami, vous m’avez fait porter de bonnes paroles par Decourcelle, en vous en allant hier. J’ai eu des nouvelles de l’arrivée de Sidi* hier soir, et je tiens à vous en dire l’essentiel, pour que vous le sachiez et que vous le disiez. Accompagné par Lémery** vers une « destination inconnue », il a appris en route qu’il allait vers Vailly en Champagne. Lémery dut le laisser, plus loin que Vailly, sur un chemin totalement impraticable, où Jouvenel, portant le reste de son bagage et guidé par un militaire, fut conduit au lieu élu par Jeanneney.

C’est un endroit qui se nommait Maison-Rouge, quand il existait. Il a été détruit et rien n’y est debout. Donc Jouvenel fut mené à l’unique logement qui soit habité et qu’il habitera désormais : le boyau. Je n’ai pas son adresse postale. Des amis m’ont téléphoné ces renseignements. Voilà, cher ami, à quoi on emploie un Jouvenel, – que vous connaissez, je n’ai donc pas à vous parler de lui. »
* Colette surnomme ainsi Jouvenel (voir chapitre suivant) ** Lémery a travaillé au cabinet du ministre de la Justice en 1902-1903, soit en même temps que Jouvenel

Elle s’implique et essaie de se rendre utile en travaillant un temps dans un hôpital.

Mais elle va se démener pour rejoindre son mari sur le front, jusqu’à utiliser un nom d’emprunt pour surmonter les obstacles et parvenir ainsi à Verdun en décembre 1914 où elle trouvera à se loger à une dizaine de km en arrière du front. Elle assistera bien involontairement à des combats d’artillerie qu’elle décrira dans Les Heures longues avec une sorte de fascination en parlant des « éclairs roses » des canons, du « feu rose du départ du projectile », des « flocons ronds, petits, éclatants, immobiles », de « la chute florale des fusées qui crèvent la nuit ».

Alors que l’Italie jusque là non-belligérante, a déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie au mois de mai 1915, Colette fait cadeau à l’ambassadeur d’Italie en France, au mois d’août, d’un véhicule aménagé en ambulance pour assurer un appui médical sur le front italien. Deux mois plus tard elle est envoyé en reportage en Italie, à Lugano. Est-elle allée seule là-bas ? Jouvenel l’accompagnait-il ? On parle d’une mission diplomatique qui lui aurait été confiée auprès de l’Italie cette année-là, en lien peut être avec ses lointaines origines italiennes, les Jouvenel étant apparentés aux Orsini*. Selon d’autres sources, il était en mission auprès d’un gouverneur dans l’Est …

* Une partie de son patronyme (Jouvenel des Ursins) serait dérivé du nom Orsini, famille princière d’Italie

Quoi qu’il soit, il est encore sur le front à la fin de l’année 1915, en Argonne et dans la Meuse où il accueille des journalistes venus se rendre compte sur le terrain des réalités de la guerre. Il n’a donc plus tout à fait le rôle d’un simple soldat (L’œuvre, 13 novembre 1915)

Par la suite, on retrouve de nouveau sa trace en Italie.
En septembre-octobre 1916, Colette séjourne au Grand Hôtel Villa d’Este à Cernobbio sur le lac de Côme. Son mari, qui combattait à Verdun, a été muté dans une unité française envoyée sur le front italien.
L’année suivante (1917), Henry de Jouvenel est nommé délégué de la France à la Commission de la Triple-Entente à Rome. Colette l’accompagne et travaille à la rédaction des Heures longues (voir lettres échangées entre Colette et sa fille)

Dans l’intervalle, entre juillet à novembre 1917, il occupe le poste de chef de cabinet d’Anatole de Monzie, alors sous-secrétaire d’État aux Transports maritimes et à la Marine marchande, avant de rejoindre le front.

Enfin en 1918, il est cité à l’ordre du jour pour une action jugée particulièrement courageuse durant mois de juin précédent.

 LES  FEMMES


Henry de Jouvenel aime les femmes et celles-ci le lui rendent bien. L’attirance est forte des deux côtés. Il faut dire que Jouvenel dispose d’atouts indiscutables : une prestance physique évidente, un grand pouvoir de séduction sont des atouts majeurs dont il use tout au long de son existence ; son charme, son aisance oratoire, sa culture, opèrent une attraction forte sur la gente féminine, même la plus raffinée.

On ne sait presque rien des débuts de sa vie amoureuse au sortir de sa période estudiantine si ce n’est ce qu’en racontent certains de ses condisciples de Stanislas. « Ce qui n’était pour nous qu’un sujet théorique, il était le seul de nous trois qui en sût quelque chose, et pour qui le monde de l’amour fut une réalité. Il connaissait les femmes. Tourné comme il était, beau comme le jour ou comme la nuit, avide, frémissant, avec tant de grâce et d’esprit, caressant, fier, dominateur, toutes devaient courir après lui : il rencontrait peu de cruelles. » se souvient l’un d’entre eux, proche parmi les proches.

Il était donc loin d’être novice en la matière lorsqu’il rencontre Sarah-Claire Boas, fille d’un industriel juif, qu’il a connu au travers d’une campagne de réhabilitation de Dreyfus, sans doute en 1901, et dont il va faire son épouse en 1902. De cette union, naîtra en 1903 un garçon, Bertrand de Jouvenel, qui se fera connaître plus tard en tant que journaliste, essayiste, économiste, écrira des ouvrages de référence dans le domaine politique, interviewera des personnalités aussi atypiques que Mussolini et Hitler ! Colette en fera le protagoniste d’un de ses romans les plus célèbres, le blé en herbe, dans lequel elle décrira une relation entre un adolescent et une femme mûre Mme Dalleray, personnages derrière lesquels se cachent en réalité Colette et celui qui est devenu son beau-fils, alors âgé de 17 ans au moment de cette relation que l’on qualifiera de « limite ».

Claire Boas aime les mondanités et s’applique à réunir très régulièrement dans son salon des personnalités influentes du monde de l’industrie et de la politique. Son fils lui attribue une aura certaine qui l’amène à qualifier sa mère « d’instigatrice efficace ».
On ne sait pas vraiment ce qui éloigne Jouvenel de son épouse; est-ce son entrée au Matin en 1905 comme il le prétend et comme le rapporte son fils ? Toujours est-il que le couple divorce en 1906.

C’est sans doute cette même année que Jouvenel rencontre la comtesse Isabelle de Comminges, écrivaine et traductrice, mariée au comte Pillet-Will, lequel souffre de maladie mentale. Il en fait sa maîtresse mais sans aller jusqu’au mariage car la comtesse ne peut divorcer en raison de l’état de santé de son mari.

   

On peut sans peine imaginer la détermination extrême de cette femme que l’on surnomme « la panthère », capable de férocité comme l’animal auquel elle doit son surnom lorsqu’il s’agit de protéger son territoire. Colette en fera d’ailleurs l’expérience concrète au début de sa relation avec Jouvenel où elle sera menacée physiquement par la comtesse, laquelle s’est armée d’un revolver et veut aller lui régler son compte jusqu’aux fins fonds de la Bretagne !
Avant cette séquence tragi-comique, le couple avait donné vie en 1907 à un garçon, prénommé Renaud. Il ne sera reconnu par son père que 20 ans plus tard, ce qui lui est semble-t-il, resté en travers de la gorge …

L’écrivaine Colette travaille à partir de 1910 pour Le Matin dans lequel elle tient une chronique régulière. C’est là qu’elle rencontre de Jouvenel qui est alors co-rédacteur en chef de ce journal à grand tirage et très influent en matière politique. Comme ses devancières, elle va succomber à son charme et fin 1911, elle habite chez lui ; ils se marieront en fin d’année 1912. Ils ont alors respectivement 39 et 36 ans. Et l’année suivante, en juillet, naîtra leur fille, qui sera prénommée Colette et surnommée « Bel gazou » (beau gazouillis en occitan) par sa mère. L’enfant passera sa prime jeunesse à Varetz sous les soins d’une gouvernante anglaise, ses parents restant la plupart du temps à Paris. Ce mariage est celui de de deux personnalités exceptionnelles, deux anti-conformistes revendiqués. Colette semble avoir trouvé auprès de Jouvenel une stabilité qu’elle n’avait pas connu jusqu’alors. Elle le surnomme Sidi (seigneur en arabe) ou le Pacha (gouverneur dans le système Ottoman) et s’émerveille de la douceur de sa peau. Elle découvre par la même occasion la Corrèze dont elle va tomber amoureuse, la comparant à la Suisse ou à sa Bourgogne natale.

Colette suivra Jouvenel pendant les années de guerre et ira même le rejoindre à Verdun. Elle déplore à mots couverts que ses qualités soient si mal utilisées et conduisent à envoyer quelqu’un de son envergure sur le front…

   

L’entente intellectuelle est quasi parfaite avec ce goût commun qu’ont l’un et l’autre pour l’écriture.

Mais au sortir de la guerre, la mésentente s’installe petit à petit dans le couple et va aller jusqu’à la rupture. Colette est toujours très attachée à Henry comme le montre le passage d’une lettre qu’elle lui adresse en décembre 1920, postérieurement donc à son aventure avec Bertrand : «Si tu savais combien je t’aime, et combien j’ai souffert de la peur de te perdre cette année… C’est quand même une chose touchante que de se voir deviné si vraiment, et si délicatement d’ailleurs, quand on est triste et qu’on croit si bien le cacher. Cela m’est arrivé, que veux-tu. Et tu sais bien que je ne peux être triste ou très heureuse que par toi… Mes souhaits, tu les connais. Je n’en ai qu’un. Il a ta forme et ta figure et la durée de ma propre vie.»

Mais il est trop tard et Jouvenel a déjà fait un pas décisif pour rompre avec Colette en initiant une relation avec une couturière, Germaine Patat. L’aventure ne dure sans doute pas très longtemps et finalement Colette se fera une amie de cette concurrente.

Et puis, en 1923, sa route croise celle de la princesse Marthe Bibesco, une aristocrate roumaine, cousine d’Anna de Noailles, avec laquelle il aura une courte liaison. La princesse est ce qu’on appellerait aujourd’hui un jet-setteuse qui côtoie et influence les puissants de son époque.

   

Une grande écrivaine aussi, une des plus lues dans l’entre-deux-guerres, l’égale selon certains de Colette et d’Anna de Noailles. Renaud de de Jouvenel parle d’une relation « intellectuelle » : « J’ignore s’il y eut une liaison charnelle entre Marthe Bibesco et mon père, mais les liens sentimentaux sont l’évidence même et l’on pourrait parler d’une correspondance intellectuelle ». En tout cas, la propre mère d’Henri, que son petit-fils Renaud surnomme « Mamita », a une préférence : « Et Mamita, qui a ses têtes et une façon aussi sournoise qu’insistante de se mêler des affaires des autres, surtout de celles d’un fils qu’elle adore, n’aime pas la nouvelle candidate, Germaine Patat, couturière, qui ne manquait pas de charme, ni de gentillesse, et lui préfère, bien entendu, la princesse Bibesco, qu’elle ne cessera de soutenir contre l’Autre. »

Troisième et dernier mariage le 4 août 1930 avec la veuve de l’armateur Charles Louis-Dreyfus née Germaine (Sarah) Hément (1882-1964) et mère de Pierre Louis-Dreyfus. On ne sait rien des circonstances de leur rencontre sinon que Jouvenel était en relation avec la famille Louis-Dreyfus depuis quelques années … Le lien avec la famille Louis-Dreyfus se renforcera encore en 1933, l’année ou Renaud de Jouvenel se marie avec Arlette Louis-Dreyfus qui est la plus jeune fille de celle qui est devenue sa belle-mère.

Fait sans doute rarissime : ses trois épouses officielles – Claire, Colette et Germaine – ont été toutes trois décorées de la légion d’honneur.

Comment les enfants d’Henry, les deux aînés en particulier, jugeaient-ils leur père. On dispose du témoignage de Renaud, son fils préféré qui rapporte que « Mon père (dont il faut bien parler) était un tendre et même un faible qui cachait d’aussi terribles défauts sous des dehors bougons, bourrus et colériques »

DUELS

Les rivalités journalistiques échauffent les esprits et aboutissent parfois à une confrontation physique sous forme de duel, une coutume tombée petit à petit en désuétude mais qui subsiste néanmoins. Henry de Jouvenel et son frère Robert ne dédaignent pas cette façon de régler un différend et de recourir au sort des armes pour solder une querelle :

   

Cette coutume qui avait connu son apogée au XIXème siècle était codifiée et rarement fatale heureusement, au contraire des duels esthétisés que l’on peut voir dans des westerns où Clint Eastwood et autres tireurs d’élite incarnent une justice expéditive mais diablement efficace … Elle sera complètement abandonnée après 1918. Il faut dire qu’avec le nombre de morts dus à la grande guerre, il n’était guère besoin d’en rajouter encore d’autres !

—ooOoo—

 

Suites à venir :

– 2 : Le journaliste et l’Homme politique
– 3 : le Corrézien